Deux femmes dans la tourmente : l’humanité jusqu’au bout de l’enfer

Résumé

Editions Belfond. Collection Le Cercle Belfond.

Parution : juin 2019 Prix: 19.90€

1945, la Seconde Guerre Mondiale est sur le point de s’achever, mais pour ceux qui sont encore sur le Front, le cauchemar est encore bien présent. De cet enfer, deux portraits de femmes croisés nous en font le récit. Deux amies devenues infirmières à la fin des années 30 qui se font un devoir de survivre pour protéger ceux dont elles ont la charge. Jo sur le Front français attend, à bout de forces, une évacuation salvatrice pour ses patients. Kay dans un camp d’internement japonais aux Philippines, ne sait si elle survivra encore assez longtemps pour voir la libération.
Au delà de la guerre, c’est la force d’une vocation mais tout ce qui fait vivre l’espoir chez un être humain qui leur donne encore le courage de s’accrocher…

Mon avis : Deux femmes dans la tourmente, bouleversant récit de guerre

Avec le temps et les témoignages, on se fait aujourd’hui une idée de plus en plus nette de l’horreur sans nom qu’a été la Seconde Guerre Mondiale. Des camps de concentration à Hiroshima, en passant par les différentes lignes de front, peu à peu on reconstitue l’inimaginable. Parmi les récits de combattants, on en oublierait presque ceux qui n’étaient pas là pour tuer mais pour soigner. Et dans ce monde brutal d’hommes, on en effacerait presque les femmes.
Ces femmes qui vont pourtant tant compter pour ceux qui combattent. Qui vont par leurs soins accompagner les mourants, donner un peu de douceur aux blessés, aux traumatisés, remplacer en puisant dans des trésors insondables d’humanité la mère, l’épouse, la fiancée, l’absente. Celle qu’on ne reverra pas. Dans l’horreur absolue, elles sont l’abnégation, donnant ce qu’elles n’ont plus.

C’est à ces infirmières, héroïnes de l’ombre, que Teresa Messineo rend brillamment hommage à travers ces portraits croisés et un récit parfois troublant de réalisme. Elle nous livre sans fard l’histoire de ces infirmières américaines, que leur condition féminine même rend plus vulnérables que quiconque dans ce contexte, mais qui vont choisir de se porter volontaire pour accomplir leur devoir et leur vocation.
Basé sur de nombreux témoignages féminins et masculins de vétérans et historiens de la Seconde Guerre Mondiale, ce roman, pourtant empli de sensibilité, nous projette de façon brute et crue au coeur de cette réalité.  Une réalité dont Jo et Kay présentent chacune une facette différente mais non moins cruelle.
Un des axes du récit aborde d’ailleurs un point souvent moins familier du grand public : la prise de position du conflit dans le Pacifique après l’attaque de Pearl Habor et les terribles camps d’internement japonais. Ayant des grands-parents qui ont vécu cet internement, j’ai été particulièrement touchée de retrouver cette part de l’Histoire entre les pages.

Entre la maladie, la mort, l’horreur, une souffrance physique et mentale inconcevable,  demeure malgré tout l’incroyable résilience de ces femmes qui trouvent, dieu sait où, la force de rester debout.
Entre l’angoisse du destin qui les attend et la fascination, on reste accrochés, page après page, ligne après ligne, aux destins de Jo et Kay. L’écriture de Teresa Messineo  communique avec force et pudeur son admiration pour ces femmes, nous incitant à les accompagner jusqu’au bout de l’enfer. Un récit passionnant porté par un travail de recherche passionné pour une bouleversante leçon d’humilité et de courage. Tout simplement

« Et, lorsque les horreurs de la guerre ont commencé à faire vaciller ces idéaux – quand ces femmes furent presque anéanties par leur labeur exténuant, l’isolement, l’emprisonnement, la famine ou la perte de presque tout ce qui leur était cher- elles sont restées à leurs postes parce-qu’elles étaient des femmes, parce-qu’elles étaient humaines et continueraient à apporter de l’humanité dans un monde devenu fou aussi longtemps qu’elles le pourraient. »

Teresa Messineo

Postface. Remerciements

 

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