Retour sur : Dr House

En 2004, apparaissait sur nos écrans une nouvelle série médicale qui allait éclipser E.R (Urgences). Pas de beau docteur Carter ou de pédiatre sexy nommé Doug Ross. Mais un infâme diagnosticien au génie insupportable. Misanthrope, misogyne, asocial, politiquement incorrect mais brillant. Au fil des 8 saisons, on va l’aimer autant que le détester. Et on va adorer le détester. C’est le Docteur House.

Fiche technique

Sortie : novembre 2004- mai 2012

Saisons : 8 (177 épisodes)

Production : NBC, Bad Hat Harry, Shore Z production.

Créateurs : Katie Jacobs, David Shore

Casting : Hugh Laurie, Jennifer Morrisson, Robert Sean Leonard, Omar Epps, Jesse Spencer, Lisa Edelstein, Olivia Wilde.

Synopsis

Le Dr House est le diagnosticien génial et totalement barré, à qui l’on confie les cas désespérés ou problématiques du Princeton Plainsboro Hospital. Quoique confier est un bien grand mot puisque les méthodes peu conventionnelles (voir pas du tout) du brillant médecin sont elles-mêmes un problème en soi. Tout autant que son addiction à la Vicodine, un puissant analgésique avec lequel il gère la souffrance de sa jambe malade.

Misanthrope, caustique et incorrect, le moins que l’on puisse dire c’est qu’avoir affaire à lui en tant que patient ou collègue n’est pas une sinécure. Disons le tout net c’est un élément proprement ingérable qui a des intuitions aussi fulgurantes que ses gamineries sont pénibles. Pourtant, tout génie qu’il soit, le médecin à la répartie acerbe est aussi un homme qui cache bien des fêlures qu’il a du mal à gérer sous sa carapace de sarcasme.

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Mais voilà le Dr House est un véritable détective de la médecine qui sait trouver les effets et les causes, quitte à devoir expérimenter un peu dans certains cas. Alors son équipe tout autant que ses patients tentent tant bien que mal de le supporter, même si sa directrice de l’hôpital Lisa Cuddy passe un certain temps avec le service juridique. Et je dirais même un temps certain.

House : le charisme du méchant

Le concept de la série en lui-même n’a rien de révolutionnaire : un hôpital, des cas plus ou moins alambiqués, des patients qui manquent de décéder tragiquement, des diagnostics, des machines perfectionnées et des docteurs. Comme dit plus haut, E.R avait un peu tracé la voie en la matière.

A ceci près qu’ici tout se recentre sur une petite équipe spécialisée, un noyau dur consacré aux cas épineux, qui s’agglomère autour d’un personnage principal fort : le Dr House. Seulement ce personnage s’oppose à nos médecins des urgences en ceci qu’il n’a rien de sympathique ou d’attirant. Seuls son génie et son charisme fascinent son entourage. Tiens d’ailleurs son entourage parlons-en.

Welcome to the Princeton Plainsboro Teaching Hospital.

Outre sa musique reconnaissable entre toutes, le générique de la série présente une particularité intéressante : hormis House pour lequel le nom d’Hugh Laurie apparaît à l’image suivante, aucun personnage visuellement associé à son interprète, mais plutôt à un organe, une partie du corps ou à l’environnement de l’hôpital.
On ne les entraperçoit qu’en fin de générique, groupés autour de House, comme s’ils étaient les morceaux d’une machinerie dont lui seul est le cerveau (ce qui est clairement symbolisé en début de générique d’ailleurs).

Un générique qui pose donc d’entrée de jeu la dynamique de l’équipe et de la série. Mais qui sont donc les malheureux souffres-douleurs talentueux collaborateurs qui subissent entourent House.

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En première ligne, on trouve les trois mousquetaires : Chase, Foreman, Cameron. Une équipe un peu lisse, typique des séries américaines. Un fils à papa pas si propre sur lui que ça, un afro-américain méritant qui veut s’en sortir, une jeune femme au passé sentimental douloureux sous le charme de son boss. Au fil des saisons heureusement, cela évolue et il aura aussi de nombreux changements de personnages apportant de la diversité.
De façon générale, ce qui leur donne du relief à tous, c’est leur relation très différente à House et celle dont lui les manipule, fouillant leur vie personnelle, les mettant en compétition. Par ennui ou par jeu, il les dissèque psychologiquement.

Un des personnages avec qui House danse un étrange tango psychologique et affectif, c’est Lisa Cuddy, la directrice administrative de l’hôpital. Il connaît sa faiblesse pour lui et en joue énormément, tout en mettant énormément de temps à reconnaître son propre attachement.

A l’instar de Cameron, Cuddy est profondément admirative devant le génie torturé de House. Toutes deux perçoivent avec une sensibilité toute féminine le côté écorché du personnage et cherchent à le protéger. Cependant House refuse de voir ses propres problèmes tant il préfère s’amuser avec ceux des autres et il ne leur laisse aucune ouverture pour l’atteindre.

Enfin il y a Wilson. Ce cher Wilson. Le meilleur ami de House. Il pâtit des sarcasmes et des tours parfois douteux que House lui joue, par défi ou pour arriver à ses fins. Pourtant c’est l’ami fidèle et indéfectible, même quand House le met dans les pires galères. Il a aussi parfois ses petites revanches. Sans doute le personnage le plus réussi et touchant de la série.

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Tous sont les marionnettes de House dans son petit jeu permanent, cette forme de fuite cynique qu’il pratique pour éviter le vide de sa vie.

House, Gregory House, M.D : sympathique ou antipathique ?

Comme souligné plus haut, toute la dynamique de la série repose sur le charisme de House et ce que ça va induire vis à vis des autres personnages qui sont, d’une certaine façon, sous sa coupe.
Tout poser sur les épaules du personnage principal, un pari osé qui prenait le risque de lasser le public à terme, mais qui a tout de même tenu huit saisons avec des hauts et des bas.
Un pari qui nécessitait surtout un interprète de choix.
Et pour cela, la production a eu du nez en prenant le merveilleux Hugh Laurie. Au même titre que Benedict Cumberbatch est Sherlock ou Robert Downey Jr est Iron Man, Hugh Laurie est House. C’est une sorte de fusion évidente qui a permis de faire le succès du personnage à l’écran. Au delà des intrigues de chaque épisode, il donne une épaisseur au personnage, le rend aussi fascinant que repoussant, aussi attachant que détestable, aussi fort que fragile. Dans chaque nuance de son interprétation, il en souligne la complexité avec ce regard incroyablement expressif qui le caractérise. Son talent et sa capacité à jouer du personnage sont probablement une des raisons de la longévité de la série.

House est un salopard affiché qui se sait brillant et n’hésite pas à piétiner les sentiments des autres par ses saillies mordantes pour cette raison.

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Cependant, il nous séduit. On nous fait rire autant qu’il nous offusque, on l’aime d’autant plus qu’il peut être antipathique. Et ceci pour trois raisons :

  1. Il est imparfait, ce qui, en dépit de son intelligence hors norme, le rend profondément humain. Ses erreurs sont des chutes d’autant plus dures de son piédestal, ce qui nous le fait apprécier.
  2. Il parle sans filtre, disant ce qu’il pense en bon ou en mauvais. Une chose dont nous rêvons tous secrètement. S’il nous choque ou nous fait rire, nous l’envions aussi également.
  3. C’est un génie donc il peut se permettre d’être insupportable, car il a raison 98% du temps. Ce qui lui donne l’avantage sur les autres la plupart du temps. On aimerait bien parfois être à sa place. D’ailleurs, il ne vous rappelle pas un autre personnage connu ?

House & Holmes

Si la figue de House nous paraît familière, c’est tout simplement qu’elle est inspirée du personnage de Sherlock Holmes. House est tout simplement le détective consultant de la médecine et du diagnostic. Une inspiration que David Shore, fan du détective de Doyle, reconnaît bien volontiers et il a d’ailleurs émaillé la série d’indices.

  1. La sonorité du nom du personnage : House / Holmes.
  2. L’addiction à la drogue : l’un c’est la cocaïne et la morphine, l’autre c’est la Vicodine.
  3. La science de la déduction et l’expérimentation. L’un comme l’autre ne lésinent pas sur les moyens à mettre pour résoudre un cas et lisent en les autres comme en un livre ouvert à travers leurs attitudes.
  4. Le rapport à l’émotion : House dissocie les sentiments de sa fonction en refusant le plus souvent le contact direct avec les patients, de la même façon que Holmes les voit comme une faiblesse nuisible à la froide raison nécessaire à l’investigation. Sans compter que le tact n’est pas précisément leur domaine.
  5. L’adresse de House, le 221 Baker Street, appartement B. Le numéro 221 est visible sur la plaque de l’immeuble dans un des épisodes.
  6. James Wilson VS John Watson : le médecin militaire est désormais oncologue, cependant la relation des deux duos est la même.
  7. Ce n’est pas Watson/Wilson qui claudique mais House, cependant il y a encore une canne dans cette histoire et une douleur dont on ignore si elle est bien réelle, à l’instar de celle de Watson mentionnée une fois à l’épaule puis à la jambe.
  8. Les épisodes se présentent souvent sur un schéma similaire aux cas de Holmes dans les nouvelles. Les patients arrivent présenter leur cas presque comme les clients viennent au 221 b, Baker Street. Chacun prend place, sur un fauteuil ou dans un lit, selon le cas, et déroule le fil de son problème. Et là l’intrigue prend son envol. A ceci près que chez House cela se termine souvent par un lupus/une maladie auto-immune/ une cause environnementale/ un cancer (rayez la mention inutile).
    Ceci dit le Dr House utilise parfois de vrais notions/principes de médecine, comme en témoigne cet article.

Ce sont quelques uns des éléments principaux, mais le spectateur avisé et holmésien en remarquera bien d’autres (noms, similitude d’intrigues…) au fil des saisons. Holmes étant lui-même inspiré d’un médecin, le Dr Bell, la boucle est bouclée.

House, série culte ?

La construction particulière de son personnage et sa référence littéraire imprimée inconsciemment dans l’esprit du public ont contribué à faire de Dr House une série qui a laissé sa marque dans le monde du petit écran.
Son architecture narrative centrée sur ce personnage complexe lui a permis de se détacher des séries médicales traditionnelles comme E.R ou Grey’s Anatomy se jouant sur un panel de personnages. House est à la fois le cerveau dans son équipe et la colonne vertébrale de la série.
En dépit d’inégalités dans la qualité et de redondances, l’équipe scénaristique a su renouveler la série sur la longueur par l’introduction de nouveaux personnages et l’évolution des anciens, gardant ainsi une certaine dynamique. Mais toute bonne recette a ses limites et il était sage (voir plus que temps) que le show touche à sa fin en saison 8.

Pourtant, le personnage du Dr House, finement ciselé, reste culte. Porté par un interprète de talent, au sens comique indubitable, il a marqué nos esprits. Il reste un petit plaisir coupable et à l’occasion, on se plonge avec bonheur dans quelques épisodes pour retrouver son terrible caractère, ses gamineries et ses phrases assassines. Sans pour autant se croire atteint de lupus…

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“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

2 commentaires sur « Retour sur : Dr House »

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