Downton Abbey (film) : Guilty Pleasure

Fiche technique

Sortie : septembre 2019

Réalisation : Michael Engler

Scénario : Julian Fellowes

Casting : Hugh Bonneville, Michelle Dockery, Elisabeth McGovern, Maggie Smith, Laura Carmichael, Penelope Wilton, Imelda Stauton, Allen Leech, Jim Carter

Synopsis

1927. En dépit des difficultés financières, la vie suit son cours à Downton Abbey, même si bien des choses ont changé.
Mary qui file le parfait bonheur conjugal, a pris en main la gestion du domaine, épaulée par Tom son beau-frère, tandis qu’Edith assume les multiples obligations liées à son statut d’épouse d’un pair du royaume.

Mais l’annonce de la visite du roi Georges V et de la reine Mary va bouleverser le quotidien du domaine. Une visite royale représente tout une organisation bien réglée et bien des dépenses en perspective. Sans compter qu’à l’office, la révolte gronde face au protocole imposé. Comme toujours à Downton, rien ne va exactement se passer comme prévu…

Retour à Downton Abbey, le guilty pleasure sur grand écran

Scénario et péripéties

Une lettre qui chemine à travers l’Angleterre. Quelques notes de musique familières à l’oreille. Et soudain la demeure surgit, majestueuse, souveraine, entourée de son parc, au bout du chemin. Suivant le message de la Royal Mail, nous voilà de retour à Downton Abbey, avec un petit frisson au coeur.

Voici donc le domaine honoré d’une visite royale, un contexte idéal pour développer à l’écran tout le carcan de règles et d’obligations protocolaires inhérentes à la royauté, mais également à l’aristocratie britannique de l’époque. Gracieuses révérences et multiples tenues scintillantes seront au programme, sur fond de conversations feutrées et de piques glissant sur du velours.
Dans un respect (presque) toujours parfait des codes et mœurs de l’époque, cette visite est un cadre de narration propice au développement de multiples intrigues légères et amusantes, entre l’office et les salons. Trop légères, reprocheront d’ailleurs certains. Ce qui n’est pas totalement faux. On est plus sur une petite musique pétillante pour un piano-forte de salon, que sur une partition pour un orchestre symphonique, si je puis imager la chose ainsi.

Cependant je me permettrais aussi de rappeler qu’un drama comme Downton Abbey appuie et déroule son intrigue essentiellement à travers un contexte social et historique. De fait, il était impossible de développer des intrigues à la trame aussi complexe en deux heures de film que sur plusieurs saisons.
Sans compter que dans son scénario, Julian Fellowes a fait un choix net : celui de laisser une part, un moment à chacun des personnages de sa galerie (et dieu sait qu’ils sont nombreux), ne fût-ce que pour le clin d’oeil. Un parti pris que tout le monde n’appréciera pas forcément, puisqu’il pénalise la profondeur de l’intrigue, mais auquel j’ai été sensible.

Downton Abbey a le charme de ces anciennes demeures dont le seul parfum nous raconte des histoires. Y revenir c’est s’envelopper, se couler dans une soie chaude et douce. Se laisser porter par le cours tranquille d’une rivière. Les péripéties ne sont finalement qu’un plaisant badinage, ce qui compte c’est qu’il y a autour : le contexte, l’histoire du domaine et l’Histoire tout court, les personnages. Et en la matière, le film vaut largement la série.
Notamment avec une comtesse douairière de Grantham dont la répartie n’a rien de perdu de son piquant. Mais aucune raison de s’inquiéter, personne ne peut prendre la mouche puisque, ainsi qu’elle le dit elle-même :“I never argue, I explain.” Si ce n’est que cela, tout va bien. Gare, en revanche à celui qui sera en désaccord…

giphy (3)

Esthétique : la superbe de Downton Abbey

Si l’on m’avait demandé avant cette séance si cela valait le coup d’adapter la série au cinéma, il est probable que j’aurais eu une moue dubitative. Si vous me posiez la question à présent, je vous répondrais oui, sans hésitation. Ne serait-ce que pour les splendides plans dont nous gâte le réalisateur Michael Engler. Techniquement, le passage sur grand écran semble avoir libéré les possibilités et il en joue à plaisir pour nous éblouir les mirettes.
En intérieur ou en extérieur, Downton Abbey rayonne de toute sa splendeur. Sur grand écran, le domaine prend physiquement sa place de personnage central de par sa mise en valeur.

Downton Abbey : Affiche
©Universal Pictures France

Lumière, cadrage, costumes, costumes, décors, de façon générale, l’esthétique du film est un régal absolu. Un bijou qui à lui seul méritait ce passage au cinéma. L’histoire de Downton Abbey y brille de tout son éclat.

Petit bonus pour les initiés, le réalisateur prend plaisir en introduction à reprendre des plans spécifiques du premier épisode ou du générique de la série, et ce au cadrage près. Le facteur portant la missive à vélo sur le chemin du domaine. Le panneau des cloches de service. Les pieds du majordome montant l’escalier, portant la missive (et donc l’intrigue) de l’office vers les salons, du downstairs vers l’upstairs.

Downton Abbey au cinéma : pour qui ?

Beaucoup ont dit que le film était réservé aux initiés de la série et qu’il n’avait pas grand intérêt pour les autres. C’est un avis contre lequel je m’inscris en faux. Ou tout du moins que je vais me permettre de nuancer et d’éclaircir avec la force de l’expérience, puisque fan de la série, j’y suis allée avec quelqu’un qui ne connaissait pas du tout et qui a apprécié.

  • Si vous avez entendu parler de la série et qu’attiré par son succès, vous pensez pouvoir vous en faire une idée en raccourci avec le film (alors que le drama historique ce n’est pas plus votre tasse de thé que cela) : Oubliez. Vous n’allez pas accrocher.
  • Si vous ne connaissez pas la série, MAIS que vous appréciez ce type d’univers et que la bande-annonce vous a tapé dans l’oeil : Lisez-vous un résumé rapide de la série et allez-y. Vous trouverez vos marques et votre plaisir.
  • Si vous êtes un connaisseur de la série et que vous hésitez, par peur de trahir votre souvenir : Oubliez vos hésitations et allez-y. Vous allez vous faire un guilty pleasure à savourer sans modération.

Ce n’est pas un grand film. Le scénario n’est pas exceptionnel. Il n’y a rien de spectaculaire. Pourtant on est happé à chaque minute par le charme de Downton Abbey.
Bien que son intrigue soit indépendante de l’histoire générale, le film offre à la série une merveilleuse conclusion en forme d’adieu à son univers. Ainsi que le disent Lord et Lady Grantham :

« – J’aime toutes nos aventures.
– Surtout lorsqu’elles se terminent… »

Leur répondent d’une certaine façon en écho, Carson et Mrs Hughes fermant la porte du domaine (et du film) :

« Dans cent ans, Downton Abbey sera toujours debout et les Crawley seront toujours là. »

Une jolie façon de refermer le livre tout en nous laissant les portes de Downton ouvertes. Comme une invitation à y revenir à plaisir, à travers quelques pages ou quelques épisodes…

Publié par

“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

4 commentaires sur « Downton Abbey (film) : Guilty Pleasure »

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