Et si on regardait… Downton Abbey ?

July, comte de la Chronique sériephile,

vous convie cordialement à venir prendre le thé à Downton Abbey,
ce lundi 4 novembre, à 18h00
en présence de la comtesse douairière de Grantham. 



Mes petits chats, l’hiver arrive. Hein ? Comment ça, cette accroche existe déjà ? Ah bon. Ben tant pis. Je demanderai de ne pas traduire cette chronique en anglais. Bref, il va faire froid. On va se les cailler (et non demi-écrémé)[1]. Et là-dedans, un bon chocolat chaud ne fera pas de mal. C’est prodigieusement intéressant direz-vous pour peu que vous soyez un fan de chocolat chaud. Mais à défaut de parler de chocolat, on pourrait faire tout le goûter, avec les tartines, le beurre, les marshmallows et évidemment, les petits pains au chocolat, chers à Joe Dassin[2]. Et si je parle goûter à l’heure où l’hiver va être rude[3] c’est qu’il va falloir se mettre dans le canapé, tranquillement, proche du radiateur ou en face du feu de cheminée. On peut coucher la grand-mère avant, histoire de mettre Mamie au chaud (mais on laisse Hughes au frais[4]).

Et là, on peut alors lancer un épisode de Downton Abbey afin de passer un moment dans cette Angleterre post-victorienne à suivre les péripéties de la maisonnée aristocratique des Crawley, ainsi évidemment que de leurs domestiques. La série fut diffusée entre 2010 et 2015 à raison de 8 épisodes par saison (avec quelques épisodes de Noël en plus) sur ITV et débute avec un drame dans la famille : le dernier héritier direct meurt dans le naufrage du Titanic et c’est un lointain cousin qui se retrouve à hériter du domaine lorsque le comte mourra. La famille va donc tout faire pour essayer de sauver le domaine, y compris voir si le rapprochement se fait entre ledit cousin, Matthew (issu des classes moyennes, pas amusant sinon) et Mary, l’aînée du comte.

Mais ce qui m’a attiré dans cette série, c’est une fois de plus le casting. Et dans cette aristocratie, le comte y est[5]. Lord Grantham est joué par Hugh Bonneville, une nouvelle fois parfait, comme dans Paddington (oui je me suis dit qu’il fallait une antithèse pour opposer et montre que Hugh est parfait). Elizabeth McGovern joue Cora, sa femme, riche américaine. Elizabeth McGovern, il fallait la voir à 20 ans : Il était une fois en Amérique, c’est elle. Des gens comme les autres de Robert Redford (Oscar du meilleur film), c’est elle. Et enfin Ragtime de Milos Forman, c’est encore elle (avec une nomination aux Oscars). Après elle a fait le Choc des Titans, personne n’est parfait.

Côté casting toujours, on n’est pas en reste chez les vieux. On trouve Penelope Wilton (Shaun of the Dead, Orgueil et préjugés, et la femme de Bill Nighy dans Indian Palace), qui joue bien la femme de classe moyenne et qui s’oppose à merveille avec « la vieille bique » : Maggie Smith. Cette dernière est parfaite, une fois de plus, dans le rôle de la comtesse douairière[6] qui ne veut pas voir que le monde change et que les temps aussi.

Chez les domestiques, c’est également du lourd : Jim Carter (que l’on a l’impression d’avoir vu quelque part, éternel second rôle…), Rob James-Collier (surtout connu pour Coronation Street, le plus gros soap britannique), ou Phyllis Logan, elle aussi connue pour ses seconds rôles. Quelques guests viennent parfois le temps d’un épisode, comme Shirley MacLaine ou Paul Giamatti.

Bon nombre de ces comédiens connaissent un développement sans précédent de leur carrière grâce à la série. Ceci est lié aux personnages qui, disons-le, sont bien écrits par Julian Fellowes. La série est caractérisé comme un drama (Dieu sait que je déteste ce terme, on pourrait dire « drame », comme on le disait naguère…) mais elle emprunte parfois quelques codes au soap-opéra avec merveille. On se prend à suivre ces intrigues durant les six saisons, parfois trop courtes à nos yeux. Mais je trouve que 7 ou 8 épisodes par saison avec un épisode de Noël en plus, c’est un bon format. Les épisodes ont le temps d’être travaillés et ne sont ainsi pas bâclés.

Ces épisodes prennent place dans un décor magnifique. C’est un plaisir de voir ce château et ce domaine à chaque fois avec ses tapisseries, sa bibliothèque (je veux la même !), ses feux de cheminée, ses cuisines, son salon, sa grande table et l’herbe tondue dehors. On est typiquement dans la demeure de Cluedo avec le petit salon, le grand salon, l’entrée, la cuisine, la bibliothèque… C’est un plaisir de voir cela à chaque fois. Le château est un membre de la série avec qui l’on aime discuter car il nous en apprend beaucoup.

La série s’est terminée sur un épisode de Noël en 2015 qui était une sorte de dernier bonbon que l’on prend avant d’aller se coucher en espérant que le Père Noël ne nous a pas vus et qu’il descendra par la cheminée tout de même pour nous apporter ce que l’on revendra le surlendemain (ben oui, le 25, c’est férié)[7]. Sauf que derrière est arrivé le nounours à la guimauve : ça a l’air bon mais ça fait faire une indigestion. Comprenez par là que le film est arrivé en septembre dernier avec une bande-annonce qui m’inquiétait déjà. Si June a été « sensible » à « un choix net [du scénariste Julian Fellowes] : celui de laisser une part, un moment à chacun des personnages de sa galerie (et dieu sait qu’ils sont nombreux), ne fût-ce que pour le clin d’œil »[8], ce n’est pas mon cas. J’ai trouvé que c’étaient deux bonnes heures de remplissages avec des plans de coupe plus longs que les répliques qui viennent fournir une intrigue tenant littéralement sur un timbre-poste. J’ai trouvé cela grandement dommage car ça tourne au fan-service. Ce film est à la série ce que La Revanche des Siths est à Star Wars : un truc qui est là pour combler un pseudo vide mais pour se faire du fric. La preuve en est qu’on rajoute encore des comédiens connus à un casting déjà bien chargé et amplement suffisant.

Certains diront que je suis un peu trop direct avec ce film mais j’ai apprécié la première heure. Tout comme June, j’ai suivi avec des chatouilles dans le ventre le parcours de la lettre dans la séquence d’introduction. Mais dès lors que le cadre est fixé, il reste une heure où il ne se passe rien, si ce n’est un thé un peu chargé. Ce qui grandement dommage à mes yeux.

Reste que la série restera comme une référence au moins pour les dix années à venir. En effet, je pense que l’avantage de la bonne série historique, c’est qu’elle est intemporelle. Ca a marché avec Rome, cela marchera probablement avec Downton Abbey. C’est à voir et à revoir car on est toujours ému en revoyant certaines scène. Cela dit, si en voyant la série, on s’émeut, en voyant le film, on fait l’autruche[9].

July

[1] Sauras-tu retrouver le jeu de mots pourri de cette phrase ? Si oui, envoie JUNE par SMS au 68750.

[2] Message personnel pour June : « Au revoir, merci messieurs-dames ». Kaamelott, Livre I.28. NDLR : Bien joué ! Rappelez-vous : caser cette chanson dans une chronique était le challenge de July.

[3] C’est vrai quoi, c’est le moment où quand je sors de la douche, on dirait un hermaphrodite de Praxitèle.

[4] Les blagues musicales, ça me va assez bien en fait !

[5] Sauras-tu retrouver le jeu de mots pourri de cette phrase ? Si oui, appelle le 3437 pour ne rien gagner.

[6] « Veuve de grande famille, qui jouissait d’un douaire [biens que le mari assignait à sa femme pour en jouir si elle lui survivait]». https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/douairi%c3%a8re/26542?q=douairi%c3%a8re#26417, consulté le 4 novembre 2019. Comme quoi on peut être veuve et jouir quand même, l’un n’empêche pas l’autre.

[7] J’vous ai déjà dit que je n’aimais pas Noël ? Voici pourquoi : https://www.youtube.com/watch?v=qfUOEJXmeZg, consulté le 4 novembre 2019.

[8] https://juneandcie.com/2019/09/30/downton-abbey-film-guilty-pleasure/, consulté bien avant mais relu le 4 novembre 2019.

[9] Sauras-tu retrouver le jeu de mots pourri de cette conclusion ? Si oui, envoie un chèque de 0€ à June, elle te donnera des chocolats. Si tu as le grand chelem des jeux de mots, poste-le en commentaire !

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“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

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