Et si on regardait… Grand Hôtel ? (ou pas !)

Vous vous souvenez de l’anecdote de Chuck Norris et du cobra dans The Expendables ? Eh bien July c’est un peu pareil. Il est gentil, mais il faudrait veiller à ne pas trop le prendre pour une truite.
Donc après huit épisodes d’une longue et, semble-t-il pénible, agonie, Grand Hôtel est passé à la moulinette… Oups he did it again !


Après un petit mois d’absence pour cause de débordements professionnels en tous genres, me voici de retour pour parler d’une série que j’ai achevée il y a un mois déjà mais à côté de laquelle je ne pouvais pas passer : Grand Hôtel. La série fut diffusée à la rentrée 2020 sur TF1, à raison de deux épisodes d’une cinquantaine de minutes par jeudi. Huit épisodes au total pour une adaptation libre et contemporaine de la série espagnole du même nom (mais en espagnol, soit Gran Hotel, oui je sais, je suis bilingue, una tequila per favor y hasta la vista, baby !).  


Le Grand Hôtel est la propriété de la famille Vasseur. Agnès, la mère, règne sur une famille endolorie depuis le décès de son mari. La fille aînée, Sophie, souffre d’être éclipsée par sa cadette, Margaux. Le petit dernier, Xavier, est un ado qui se drogue et qui boît. En difficulté, le palace doit être vendu à un rival, Andrieux. Margaux soupçonne une manœuvre de la part de ce concurrent qui prétend ne racheter l’hôtel que pour le sauver de la galère. Là-dessus, Anthony se fait embaucher comme groom pour savoir ce qui est arrivé à sa sœur, femme de chambre…

Le casting est cinq étoiles. Ou pas. Carole Bouquet en tête d’affiche, soutenue par Hippolyte Girardot (mais que diable allait-il faire dans cette galère ?) et Solène Hébert (issue de Demain nous appartient) sont à côté de la plaque. La crédibilité est proche de celle d’un bulot dans le rôle de Moby Dick. Marie Kremer, déjà vue dans Un village français, entre autres, joue toujours de la même façon. Bruno Solo tente de s’approprier son personnage tant bien que mal mais sans texte, c’est compliqué. Anny Duperey, tout juste sortie d’Une famille formidable a des répliques tirées du formol du kitschissime. Victor Meutelet, comme pour Le Bazar de la charité[1], est là pour jouer le beau gosse. On voit bien que le casting tente de faire quelque chose mais rien à faire : on lit dans les yeux « SOS, c’est quoi ce scénar ? » tout au long de la série.

Une série ambitieuse, voilà ce que TF1 revendiquait. Il en va de même pour les scénaristes qui expliquaient sur Allociné comment ils avaient procédé pour adapter la série espagnole et la transférer à notre époque (la série d’origine se déroulant dans les années 1900)[2] : on ajoute du Dallas sur du Downton Abbey… Mais le scénario tient dans la bande-annonce, voyez plutôt :

Pour indication, ma femme s’est endormie devant un épisode… et avait tout compris au bout de 10 minutes du suivant. Et encore, c’est parce qu’entre deux grosses scènes d’intrigue, y’a 10 secondes de plan de drone… Le plan aérien est très utile pour meubler.

Par ailleurs, je me suis farci les 8 épisodes… sans avoir de fin. Il faut croire qu’il ne devait pas y avoir de budget pour tourner une ou deux scènes de plus histoire de clore les intrigues. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à avoir eu cette impression car la fin de la série a fait réagir les Twittos[3].

Force est de constater que la chaîne a fini par produire quelque chose digne d’une saga de l’été (diffusé en septembre, c’était presque parfait…), mais la saga est loupée. On avait pourtant tout : un scénario complotiste, des rivalités familiales, un cadre idyllique… Mais la mayonnaise ne prend pas. Les intrigues ont autant de suspense que l’issue d’un pro-Trump buvant de la javel[4]. Évidemment, Margaux va avoir une intrigue amoureuse interdite avec un membre du personnel, présent pour savoir ce qui arrive à sa sœur… Les dialogues sont aussi utiles qu’un papier journal avant l’installation de l’eau courante à la Belle-Époque. On frise l’auto-parodie de Zodiaque, de Marseille, ou du Bazar de la charité. On en arrive à une mariée qui s’étouffe dans sa robe, scène à la pointe de l’écriture scénaristique en 2007[5].

Au final, vous l’aurez compris car vous n’êtes pas un personnage de Grand Hôtel, la série, adaptation pauvre de la série espagnole, ne tire pas son épingle du jeu et a plutôt tendance à sauter dans le vide avec un sac plastique en guise de parachute. Une saison 2 est envisagée par les scénaristes[6]. Il va de soi que je la suivrai pour en dire du mal si elle vient à exister. À bon entendeur, coucou[7], et revois la série espagnole. À ce propos quelqu’un peut me servir une seconde tequila ?

July


[1] Série dont j’ai fait la critique ici : https://juneandcie.com/2019/12/16/et-si-on-regardait-le-bazar-de-la-charite-ou-pas/, consulté le 26 octobre 2020.

[2] https://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18693166.html, consulté le 26 octobre 2020.

[3] https://www.purebreak.com/news/grand-hotel-les-internautes-decus-par-la-fin-les-createurs-teasent-une-saison-2/203075, consulté le 26 octobre 2020.

[4] Il dira qu’il faut quitter l’OMS et généraliser l’usage de la javel, tout le monde avait bien sûr compris.

[5] Je vous renvoie à la fin de saison 3 de Grey’s Anatomy.

[6] Allociné et Pure Break, op. cit.

[7] C’est vrai, ça, on dit toujours « salut » au bon entendeur… Pourquoi ne pas lui dire « coucou » ou « bonjour » ?

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“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

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