Comme une Comète : droit au coeur.

Comme une Comète : droit au coeur.

Comme une Comète. Une histoire de post-partum et d’albinisme

Editions la Boîte à Bulles. Parution : octobre 2021 Prix: 27€

Amandine est graphiste. Elle adore son boulot, a des tas de projets, prépare un roman. Une femme tout ce qu’il peut y avoir de plus active et épanouie.
Alors quand son compagnon Samuel lui propose d’avoir leur premier enfant, cela paraît si facile.

Rien ne la prépare à la comète qui va venir bouleverser sa vie et au désarroi si profond que cette arrivée va susciter.

Comme une comète : droit au coeur !

Ce qui te tombe dessus à l’arrivée du premier enfant est d’une force cosmique qui va bouleverser ta vie, sans que tu comprennes ce qu’il se passe.
Je n’étais pas prête.

Aurélie Crop. Comme une Comète

272 pages. 272 pages d’amour, de désespoir, d’inquiétude, de culpabilité, enveloppées de tendresse, qui te frappent droit au coeur et te submergent comme une vague. C’est fou ce que la lecture de ce superbe roman graphique peut faire piquer les yeux. Sous la douceur des couleurs et du trait, on ne se prépare pas à la claque du discours derrière.

Autour du post-partum, la parole aujourd’hui se libère. On commence enfin à mettre des bémols dans les hymnes à la maternité idéale. Il était temps. Il était temps de ne plus laisser des jeunes mamans rongées de culpabilité face à leur désarroi. Face à cette expérience qu’on leur avait annoncée comme allant de soi et qui se révèle si déstabilisante.

Réponse à la question finale de cette dernière bulle : soyons honnêtes, si on disait la vérité toute nue, l’espèce humaine serait en voie d’extinction et pas à cause du changement climatique. Non rien ne prépare vraiment aux couches qui débordent, à la fatigue, au manque de temps, de sommeil, à la douleur et aux régurgitations.

Il ne faut pas noircir exagérément le tableau de la maternité. Mais ne plaisantons pas non plus, personne n’a jamais trouvé la galère exposée ci-dessous follement épanouissante

On ne naît pas mère. On le devient. Et ce devenir n’est pas une évidence instantanée pour toute. C’est un bouleversement intense et violent qui modifie complètement votre rôle au sein de votre propre existence. Ce message, Aurélie Crop nous le porte à travers son histoire, à travers ses mots, son coup de crayon si tendre, ses images.

Dans ce roman graphique, Aurélie Crop nous livre le résultat d’une profonde introspection. Elle ne juge pas, n’accuse pas, ne dénigre pas. Mais elle pose un regard d’une grande sincérité sur la maternité et un constat parfois douloureux sur la charge que portent les mères.

Le rôle de mère, le rôle de femme, la place de chacun et la fameuse charge mentale aussi que viennent accentuer les automatismes sociaux.
Et puis, dans ce parcours, il y a ce diagnostic qui vient tout accentuer, exacerber.
Comment ne pas se sentir coupable lorsqu’on apprend que son enfant est différent, après un post-partum ? Comment faire face aux regards, aux questions, à la différence d’expérience en tant que parent tout simplement.
Ce long chemin d’acceptation, le parcours médical autour de l’albinisme, cette expérience viscérale de mère, tout cela elle nous le livre avec une délicatesse touchante.

Malgré les réalités multiples peu évidentes qu’il évoque, il y a tout l’amour du monde dans ce roman graphique.

C’est beau. C’est poétique. C’est douloureux. Et c’est bourré d’espoir. Cela déborde de tendresse. Cela vous prend au cœur, aux tripes, et cela vous raconte, qu’envers et contre tout, se construit toujours la plus belle histoire d’amour du monde.
Quels que soient les écueils et le temps que cela prend.

Sublimant l’histoire, il y a ce trait. Ce dessin si doux, si juste, si vibrant d’émotions, qui dit tout. Une image vaut mille mots, dit-on, alors je ne peux qu’imaginer combien de mères vont trouver un écho à leur expérience dans ces bulles. Et combien cela va libérer d’un étrange poids .

Jamais ce mélange de culpabilité et d’amour que l’on ressent en tant que mère n’avait si parfaitement mis en lumière.

Au moment de refermer cette chronique, me vient l’envie de dire un merci très particulier à Aurélie Crop.
Merci d’avoir posé les mots et les images sur les maux et les émotions.
Merci d’avoir apporté une pierre à l’édifice pour libérer de la culpabilité toutes celles qui galèrent et qui s’en sentent coupables.
Merci enfin d’être allée au delà du post-partum pour raconter le diagnostic et la différence.
Personne n’avait jamais encore mis avec de tant de justesse les mots pour raconter cette expérience d’avoir un enfant particulier, quel que soit le diagnostic.

Du fond du coeur, merci pour cette Comète.

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