Sous le charme de Mamma Mia !

 Fiche technique

Sortie : 2008

Réal : Philippa Loyd

Scénario: Catherine Johnson

Casting : Meryl Streep, Amanda Seyfried, Pierce Brosnan, Colin Firth, Dominic Cooper, Stellan Skarsgard; Christine Baranski, Julie Walters.

Le résume en deux mots.

Élevée par sa mère Donna sur la petite île grecque de Kalokairi, Sophie rêve du mariage parfait avec son fiancé Sky. Mariage durant lequel elle pourrait s’avancer vers l’autel au bras de son père.

Reste juste à savoir qui est ledit père.

En parcourant l’ancien journal intime de sa mère, il lui vient une idée folle : inviter ses trois pères potentiels à son mariage.

Fouiller le passé est parfois toute une aventure.

Pourquoi le voir ?

Il y a des films qu’on aime garder à portée de main, juste pour l’énergie et la bonne humeur qu’ils dégagent. Ils respirent l’été, le soleil, la joie de vivre et on en ressort avec une pêche à décoller le papier peint.

Mamma Mia ! est de ceux-là. Sans aucun doute.

Calqué sur la comédie musicale éponyme sortie en 1999 en Angleterre, au  succès mondial retentissant (30 millions de spectateurs en 2007, traduit en 8 langues, jouée dans 170 villes) le film prend le pari de respecter l’oeuvre originale en intégrant directement le côté comédie musicale.

Les classiques d’ABBA émaillent donc les différents rebondissements de l’histoire.

Ô surprise ! Cela passe extraordinairement bien dans l’ensemble. Même lorsqu’on n’est pas fan d’ABBA. Ça impulse une dynamique indéniable à l’action, tel un courant électrique qui illumine tout le film.

Je vous laisse débusquer le caméo. 

En plus de nous offrir quelques scènes d’anthologie.

Les acteurs se prêtent d’ailleurs au jeu d’interpréter eux-mêmes les chansons avec un pré-enregistrement en studio avant le tournage. Voir de s’attaquer directement au live comme Meryl Streep qui n’a pas hésité à sauter le pas pour donner plus de crédibilité à son personnage.

Ce point me permet d’ailleurs de m’attarder sur un autre atout du film : le casting.

Trois trio générationnels se font face autour de Sophie dans cette histoire :

Les jeunes femmes : Sophie et ses deux demoiselles d’honneur Lisa et Ali. Impétueuses, un peu têtes folles, elles sont les éléments qui vont semer la pagaille. A la tête du trio Amanda Seyfried (Sophie) illumine l’écran de sa présence, incarnant à la perfection la fraîche et tendre naïveté de l’héroïne.

Oui, penser qu’on va reconnaître un père qu’on n’a jamais vu au premier coup d’oeil. Ou s’imaginer que sa mère va adorer revoir l’homme qui l’a plantée enceinte ou les amants de sa jeunesse, c’est du « Oooh Sweetie ! » mode. J’excuse de la familiarité de l’expression.

les femmes « mûres » (en reflet opposé : mère et amies de longue date avec leur expérience) : Incarnées par un trio d’actrices irrésistibles, Julie Walters (que vous connaissez mieux sous les traits de la mère de Ron Weasley dans Harry Potter. Oui ça choque je sais), Christine Baranski (La mère de Léonard pour les fans de The Big Bang Theory) et l’indomptable Meryl Streep.

Outre le fait que Meryl Streep nous démontre qu’on n’est pas prêt de la mettre à la retraite (Mon dieu ! Elle est plus souple que moi dans ce film!) et que j’ai un gros faible pour cette actrice (inoubliable dans The Hours par exemple), elles composent un magnifique triptyque de parcours de femmes maintenant face aux regrets/doutes inhérents à certains moments de l’existence.

Le parti pris musical donne à l’ensemble une tonalité légère et humoristique pour des thématiques pas forcément évidentes : le fait d’être fille-mère, le poids de l’éducation d’un enfant en solo, la solitude, la nostalgie, les remords et les reproches, l’expérience de la vie.

Enfin, dernier côté de ce triangle relationnel : le trio masculin avec des acteurs sur mesure. Colin Firth en introverti timide qui a peur d’assumer ce qu’il est. Stellan Skarsgard l’aventurier intrépide et solitaire, pourtant effrayé par l’idée de tenter le défi de la relation de couple. Et Pierce Brosnan, divorcé désabusé, pétri de regrets qui voit l’opportunité de corriger sa vie.

Un denier personnage se trouve pris, un peu seul, dans l’imbroglio que vont déclencher involontairement ces trois partis : Sky le fiancé de Sophie, interprété par Dominic Cooper (Howard Stark dans Agent Carter).

En effet, lui n’est pas mêlé au passé de Sophie, il est son futur et son seul but est de l’épouser. Normal donc qu’il ne soit donc pas de parti pris dans cette affaire.

L’histoire est joliment ficelée et bien enroulée autour des thèmes musicaux d’ABBA car, comme vous l’aurez constaté dans mon analyse, chacun des groupes de protagonistes a « ses » chansons qui révèlent les caractères des différents membres. Et chaque chanson est liée à un moment de l’histoire. Ce qui a l’avantage de donner une bonne rythmique temporelle à l’avancée de l’intrigue.

C’est dense, dynamique et, en dépit d’un peu d’eau de rose, on suit les choses avec plaisir  sans faille, car on meurt d’envie de connaître le fin mot de cette histoire de fous.

Bon sang! Mais qui est le père de Sophie ? Sky va-t-il réussir à l’épouser ? Qui va finir avec qui ? Et Harry est-il gay ?

En dépit d’un arrière-fond sérieux (la recherche d’un parent biologique, la connaissance/découverte de soi, les conséquences des erreurs de jeunesse, la remise en cause de la quarantaine, les conflits générationnels, la valeur du mariage…) c’est une comédie interprétée avec un plaisir perceptible et qui ne se prend pas du tout au sérieux. D’ailleurs qui se prend au sérieux dans ce casting ? Grande question !

On jubile autant à la regarder que les acteurs ont du le faire à jouer certaines scènes et la bonne humeur est contagieuse à souhait. On ressort de là avec une pêche du tonnerre.

Le générique n’est rien d’autre que le point d’orgue de cet immense fou-rire d’une heure cinquante.

Comédie qui n’a su trouver grâce aux yeux de la presse, jugée pas assez exigeante niveau scénario ou pas assez fouillée. Franchement, en allant voir un film basé sur une comédie musicale, elle-même créée à partir des tubes d’ABBA, vous vous attendiez à un essai philosophique ?

De mon point de vue (humble et modeste, certes), le film répond à ce pour quoi il est défini : c’est un excellent divertissement, bien emmené, idéal pour l’été. Et si l’intrigue est quelque peu convenue, qu’importe, puisque la balance harmonieusement équilibrée entre film et musique, permet de dynamiser l’ensemble.

D’ailleurs, messieurs les grincheux, le film a raflé en tout 22 nominations et 13 prix. Pas trop mal pour un film « kitsch à souhait et sans prétention, gentiment ringard et hystérico-gnangnan, aussi. (Merci Télé 7 jours, grande référence cinématographique. Sic).

Véritable cocktail de bonne humeur, Mamma Mia est le film idéal pour l’été ou pour se remonter le moral. Pétillant, emmené et bourré d’autodérision, il tient le spectateur sous le charme. En dépit de ses défauts, la magie opère et c’est un vrai bain de jouvence pour le moral. Pour conclure et achever de vous convaincre, je vous laisse sur un très joli morceau de bravoure musicale et chorégraphique de Christine Baranski.

Irrésistible !