Mamma Mia : Here we go again… ou presque !

Fiche technique

Sortie : juillet 2018

Réal : Ol Parker

Scénariste  : Ol Parker, en collaboration avec Catherine Johnson (III) et Richard Curtis.

Casting : Christine Baranski, Julie Walters, Amanda Seyfried, Lily James, Pierce Brosnan, Stellan Skargard, Colin Firth, Cher, Dominic Cooper, Josh Dylan, Andy Garcia, Hugh Skinner, Jeremy Irvine

Synopsis

Retour la petite île paradisiaque de Kalokairi quelques années plus tard. Sophie s’apprête à célébrer la réouverture de l’hôtel enfin rénové en grandes pompes, pour réaliser le rêve de sa mère. Mais les impondérables se multiplient sur le chemin de ce jour qui aurait dû être parfait. Nostalgique, en l’absence de Sky et de sa mère Donna, Sophie repense à la jeunesse de celle-ci et nous entraîne avec elle dans les folles années de Donna et le moment de son arrivée sur l’île.

Mon avis : A une note près  !

Ne vous méprenez pas, le film n’est pas mauvais. Preuve en est que mes voisins de rangée qui ont passé leur temps à râler devant la médiocrité des bandes-annonces, ont ri du début à la fin. Et moi aussi. Seulement comme toute suite, ce second opus n’a pas le souffle de l’original. Il y a du mou dans le rythme et quelques accords ratés dans la musique, disons…

Scénario mon amour

Au départ l’idée de nous plonger dans le passé de Donna n’était pas mauvaise. Tout comme celle de rendre le personnage quasi absent à notre époque pour ne pas en faire une overdose. Seulement avec deux voix de narration qui se font écho, le film perd sérieusement en rythme par rapport à son prédécesseur.

D’autant plus que la voix de narration présente, celle de Sophie ne présente pas beaucoup d’intérêt, hormis de servir d’introduction à cette plongée dans le passé et à retrouver les membres du premier casting. Le deuxième point étant de loin le plus important car il participe largement à l’ambiance du film. L’alchimie entre Christine Baranski et Julie Walters reste un pur feu d’artifice, et le trio de garçons n’est pas en reste. On sent un plaisir sincère et véritable à se retrouver et à jouer ensemble. Dix ans après ce n’est pas rien.

Heureusement d’ailleurs car, même si l’on suit l’intrigue avec plaisir, bercé par les mélodies pleines de peps, ce scénario a bien besoin de béquilles. Non seulement la voix de narration de Sophie est creuse ou presque (merci le trailer qui grille bien les choses) mais en plus un problème de taille se pose : le fil narratif dans le passé ne nous apprend rien de plus ou pas grand-chose que nous, spectateurs du premier volet, ne sachions déjà de la vie de Donna. Il ne fait peu ou prou que mettre en scène ce que nous savions déjà, à quelques éléments près.

Au passage, petite fausse note : dans le premier opus, Donna nous expliquait que sa mère l’avait mise à la porte en apprenant sa grossesse. Ce qui ne raccorde pas du tout avec la mère incarnée par Cher et est inexistant dans cette version. Oups !

Certes, ça reste sympathique et on apprécie les nombreux clins d’oeil : soyez attentifs au chapeau dans la chorégraphie Waterloo. Vous devriez le reconnaître, il fait écho à une autre scène du premier volet. Mais ça manque de surprises et de pétillements. De retournements de situation. Et tout reste relativement prévisible.

Heureusement le film a d’autres atouts.

Le casting : pluie d’étoiles !

Comme je le disais plus haut, on a la joie de retrouver le casting du premier volet qui fonctionne toujours aussi bien. J’ai regretté le peu de présence de Dominic Cooper pour une péripétie qui n’avait aucun intérêt. Il y avait à mon avis bien meilleur moyen d’utiliser le personnage et par là même de re-dynamiser le récit du point de vue de Sophie.

Du côté des dames, Christine Baranski et Julie Walters reforment sans problème le duo qu’on avait tant aimé et y mettent une belle énergie qui fait mouche. Faisant presque oublier leur admirable dynamique en trio avec Meryl Streep du premier volet. Ou du moins, pas trop regretter. Je ne parlerais pas de Cher qui, en dépit de sa prestation vocale :

  1. est mono-expressive
  2. a un personnage totalement inutile.

Chez ces messieurs, Pierce Brosnan apporte une touche d’émotion et de tendresse bienvenue et plus qu’agréable. Je l’ai trouvé beau de sincérité.
Fidèle à lui-même Stellan Skarsgard dégagde ce je-ne-sais-quoi malicieux qui n’appartient qu’à lui (personnalité suédoise de l’année ahahah) et enfile le costume de Bill comme s’il ne l’avait jamais quitté.
Quant à Colin Firth, toujours pince-sans-rire, il travaille le décalage et l’autodérision à la britannique. Régal de fin gourmet.
Un trio égal à lui-même, tout en charme et en humour qu’on a un plaisir immense à retrouver. Presque autant qu’ils en ont à jouer ensemble.

Mention plus qu’honorable à le ou la directeur/trice de casting qui a fait un joli travail pour trouver les alter ego jeunes. Dommage néanmoins que du côté masculin, leurs personnages ne soient plus étoffés. Ces garçons sont un peu taillés sur le même cadre, à l’exception de Bill peut-être. Ils font pâle figure à côté de leurs aînés. Cependant les acteurs, il faut le reconnaître, s’en débrouillent très bien et y mettent une belle énergie, ne laissant pas tout le gâteau aux filles. Car ces demoiselles ne manquent pas de présence.

Celle qui explose indéniablement l’écran c’est Lily James. Elle porte clairement tout le film avec une énergie folle et un charme à faire décongeler un mammouth dans son glacier. Une Donna plus vraie que nature, qui raccorde à 100% avec celle de Meryl Streep, pétillante, spontanée et impétueuse. Une Donna jeune totalement crédible et surtout qui explique l’affection que lui portent après tant d’années le cercle de personnages que l’on connaît. Lumineuse et sincère, elle fait fonctionner la magie et gomme presque à elle-seule les faiblesses du film, tant on a envie de la suivre.

Humour et musique

Dans la veine du premier, le film regorge de scènes prétextes à des chorégraphies époustouflantes et entraînantes qui filent au spectateur une banane d’enfer. C’est bien simple, c’est tout de même le seul film dont on entend chanter les spectateurs en sortant, avec un immense sourire aux lèvres.

En sus de nouveaux morceaux (toujours repris d’Abba c’est le concept), il reprend en filiation les morceaux iconiques du premier, dont le fameux et incontournable Mamma Mia, of course. Evidemment ceux-ci sont repris différemment ou sur un autre rythme, ce qui permet de les savourer autrement.
Dommage, en revanche, que le manque de rythme (narratif) gêne l’introduction de certaines scènes musicales pourtant agréables, les rendant moins naturelles dans la narration. Dans le premier volet, la cohésion entre parties musicales et rythme narratif soutenu participait largement au côté dynamique du film.

C’est pourtant encore et toujours cette bande-originale qui permet au film d’avoir du peps et  qui soutient  un certain rythme qui se serait effondré, s’il reposait sur le seul scénario.
Quant aux chorégraphies, elles sont clairement à la hauteur des attentes du public : impeccablement exécutées et bluffantes. Le Waterloo du café français ou le Dancing Queen de la fin sont tout simplement jubilatoires.

Ces séquences jouant parfois de lieux ou d’époques différentes sont un joli de tour de main du réalisateur pour lier ensemble les morceaux du puzzle. En plus de l’effet esthétique et narratif réussi, cela insuffle de la nouveauté. Un petit coup de patte stylistique particulier qu’on ne peut que noter.

Dans cette comédie musicale, depuis le départ, musique rime avec humour. Sur cette partie, encore une fois c’est réussi. Le film a beau souffrir de défauts, on rit. On rit du début à la fin. On ne boude pas son plaisir et tout est fait pour. Preuve que le film a su tout de même reprendre la recette de l’original.

En bref ?

Posez le cerveau, enfilez votre tenue d’été et vos tongs. Respirez un grand coup et laissez la bonne humeur contagieuse du film vous envahir.

Laissez-vous prendre au charme de Lily James et au soleil de Kalokairi. Laissez-vous porter par les mélodies entraînantes.  Et ressortez avec la pêche.

Non ça ne casse pas trois pattes à un canard boiteux, mais malgré tout la magie opère et le film remplit son contrat de comédie feel-good de l’été.

Les défauts de scénario m’ont fait froncer le nez à posteriori, mais soignons francs : sur le moment, je me suis juste amusée. Je n’en attendais pas plus que du premier. J’avais juste envie de ressortir avec la même énergie et c’est un pari gagné. Bref, ce n’est pas un chef-d’oeuvre et ça reste une suite, mais c’est un film qui fait du bien.

Je dédicace amicalement cet article à July

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