De la pluralité du Downey: Chaplin et autres métamorphoses.

Robert Downey Jr. n’est pas que l’homme derrière l’armure, qui fait craquer Miss Potts et une partie de la gente féminine.

Iron Man : Photo Jon Favreau, Robert Downey Jr.
Copyright : © SND

Il n’est pas non plus que le beau gosse d’Ally McBeal qui fait chavirer le coeur de toutes les filles en jouant les crooners avec Sting.

Excusez-moi une seconde. Kleenex. Oh cette voix bon sang ! Voilà ça va mieux.

Outre le fait qu’il a amplement contribué à faire grimper le sex-appeal du personnage de Sherlock Holmes

Merci Guy Richtie.

Quiproquo dans la chambre d'hôtel !

… c’est surtout un acteur à la palette de jeu impressionnante.

Et s’il ne fallait retenir que deux films pour illustrer son talent, voici ceux que je choisirais.

Chaplin.

Réalisation Richard Attenborough. Sortie 1992

En dehors du fait que Richard Attenborough est un merveilleux réalisateur qui joue des plans et des flash-backs avec fluidité.

Que les scénaristes ont su exploiter intelligemment les mémoires de Chaplin pour en sortir ce film à la fois pudique, plein d’émotions et sans complaisance quant à la réalité de la personnalité de ce dernier.

Robert Downey Jr. apporte à ce tableau une interprétation époustouflante. Il parvient tant et si bien à se glisser dans la peau de Charlie Chaplin, que la métamorphose physique en est confusante, presque perturbante.

 Personnellement, j’ai mis un certain temps à le reconnaître dans ce film. Ce qui ne rend sa prestation que plus admirable.

Saluons au passage au casting: Dan Aykroyd, Anthony Hopkins, Géraldine Chaplin et quelques autres surprises…

J’ajouterais aux autres qualités du film, qu’il m’a permis de mieux comprendre certains aspects de la vie et de la personnalité de Chaplin.

L’interprétation pleine de finesse de Robert Doweny Jr. nous rend le personnage attachant pour son humanité mais sans l’idéaliser. Ainsi on parvient à saisir les parts d’ombre comme de lumière qui habitaient un génie comme Charlie Chaplin.

Le Soliste.

Le Soliste : Affiche Jamie Foxx, Joe Wright, Robert Downey Jr.
Réalisation Joe Wright. Sortie 2009

J’ai vu ce film entre Iron Man et Sherlock Holmes par curiosité. Sans avoir lu le résumé. Sans savoir à quoi m’attendre.
Et j’ai été saisie. Happée par l’émotion du duo Jamie Foxx/ Robert Downey Jr.

Basé sur l’histoire vraie de Steve Lopez, chroniqueur et journaliste au Los Angeles Times, qui entretint une amitié avec Nathaniel Anthony Ayers, violoncelliste virtuose et SFD, le Soliste parvient sans fioritures, ni emphase dramatique, à nous faire ressentir toute l’improbabilité, la beauté, la fragilité et les écueils de cette relation.

En effet, un fossé plein de bonnes intentions se dresse entre ce journaliste émerveillé par ce don musical qui voit comme une évidence le fait de le ramener au monde de la musique et ce SDF blessé par la société, émotionnellement fragile,qui ne conçoit plus sa musique que dans la liberté de la rue.

Empreint de ce besoin de protéger cet ami si talentueux et si vulnérable, ce journaliste en pleine dérive personnelle et professionnelle, va trouver dans cette relation pourtant houleuse, un équilibre, un but, un sens à son existence. Finalement cette amitié dans laquelle il s’investit tant, lui donne beaucoup plus en retour.

Et ces deux hommes perdus dans le tourbillon infernal de leur propre existence trouvent enfin une chose à laquelle se raccrocher: leur amitié.

Entre sourire et larmes, et quelques brins d’humour, ce film bouleverse tant il est empreint d’humanité. Dure, poignante, l’interprétation symbiotique du duo Jamie Foxx / Robert Downey est tout simplement magique. Aussi virtuoses que Nathaniel sur son violoncelle, ils jouent sur la partition des sentiments avec une justesse désarmante.

On ne peut qu’être d’autant plus touchés de la prestation de Robert Downey Jr, quand on sait à quel point l’homme derrière l’acteur a pu se perdre lui-aussi à un moment de sa vie.

Sans tomber dans le couplet lénifiant des bons sentiments, le film montre au contraire la violence de la collision de ces deux mondes qui s’entrechoquent mais aussi la force des liens qui se construisent entre eux.

Une manière de montrer que parfois les miracles se produisent mais qu’ils ne sont pas aussi évidents qu’on aimerait le croire.

Le Soliste : Photo Jamie Foxx, Joe Wright, Robert Downey Jr.
Copyright : © DreamWorks Pictures

Voilà, si quelqu’un, un jour, me demandait, pourquoi Robert Downey Jr est sur ma petite étagère d’acteurs, je ne dirais rien, je lui prêterais juste ces deux films.

Parce que ce fichu cabotin est un acteur talentueux, quoi qu’on en pense et quoi qu’on en dise.