La Dernière Réunion des filles de la station-service.

Résumé.

Editions Pocket. Parution: avril  2015. Parution Poche: avril 2016. Prix :8€

51Iz9PBdnYL._SX313_BO1,204,203,200_Sarah Janes Poole, née Simmons, dite Sookie est soulagée. Après avoir assuré les mariages de ses trois filles en deux ans, dont l’un deux fois d’affilée, elle peut enfin aspirer au repos et au calme… Enfin si l’on excepte le fait qu’elle doive toujours subir l’envahissante et imposante personnalité de sa mère Lénore Simmons, connue dans toute la ville de Point Clear et probablement tout le Sud des Etats-Unis pour son caractère impérieux et ses excentricités.

A soixante ans de là dans le passé, dans les années 40, dans la petite ville de Pulaski, Wisconsin, Fritzi Jurdabralinski, fille d’immigrés polonais, fait face à la guerre qui gronde, en faisant marcher avec ses soeurs la station-service familiale. D’ici peu de temps, elle sera l’une des premières femmes à rejoindre l’aviation militaire américaine pour défendre son pays.

Entre ces deux destins radicalement opposés, une longue histoire et des secrets. Sookie va découvrir à tâtons qu’il n’est pas jamais trop tard pour savoir qui l’on est vraiment.

Mon avis.

Cette fois-ci, c’est indéniable, Fannie Flagg va rejoindre Tracy Chevalier sur mon étagère spéciale dite Étagère des Auteurs Auxquels Je Ferais Confiance Les Yeux Fermés.

Le SHIELD est à l’étude pour trouver un acronyme décent à cette étagère. 

Encore une fois le fil de son intrigue a su me surprendre. L’ambiance de son récit a su me charmer. Son style élégant, agréable et fluide a su me happer. Et pour vous résumer les choses: j’ai dévoré le livre en une journée à peine.

Ouvrir un roman de Fannie Flagg, c’est comme entrer dans la nouvelle maison d’une vieille amie. Tout est pareil, mais tout est différent. On s’assied, on tourne quelques pages tranquillement le temps d’une discussion autour d’un thé et sans s’en rendre compte, la temps file, la discussion se prolonge dans un plaisir renouvelé, le dîner est passé, il est deux heures du matin et … l’histoire est terminée.

A l’instar de Tracy Chevalier, Fannie Flagg a un style doux, posé, très agréable. Simple et sans fioritures mais avec un sens inné de la narration. Sans logorrhée verbale excessive, elle sait décrire une ambiance sans les moindres détails jusqu’à vous y transposer. Jusqu’à ce que le moindre détail du jardin, d’un rideau, d’un geste vous parle du personnage, vous le révèle un peu plus. Chaque précision a son utilité et viendra prendre sa place dans le puzzle du dénouement. Pour un peu que le lecteur soit attentif et l’évidence lui sautera aux yeux le moment venu.

La Dernière Réunion des filles de la station-service ne fait pas exception à la règle et est un roman dans le plus pur style de Fannie Flagg avec ceci en plus que l’intrigue permet de revenir sur un chapitre peu connu de l’histoire des femmes américaines : celui des WASP. Non pas les White Anglo-Saxon Protestant mais bien les Women Airforce Service Pilots. Elles furent 1074 qui furent ainsi acceptées dans l’aviation américaine, mais en tant que service civil, pour avoir le privilège de défendre leur pays durant la Seconde Guerre Mondiale.

Mais, au regard de la vive polémique que cela suscita et de la pression notamment des pilotes civils masculins, le programme WASP fut démantelé en décembre 1944, considéré comme inutile et trop coûteux. Et ces femmes courageuses furent expressément incitées à regagner leurs foyers sans autre forme de considération ou contrepartie. Tout le dossier WASP fut gardé secret pendant 35 ans et il fallut attendre 1977 pour qu’enfin elles obtiennent le statut de vétérans. Ce n’est qu’en juillet 2009 que le président Barack Obama décerna aux WASP la Médaille d’Or du Congrès américain.

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Source: Fly Girls

C’est cette page de l’histoire féminine américaine que Fannie Flagg retrace avec finesse, mêlant l’Histoire à la fiction aux fils de l’intrigue.

De façon générale, La Dernière Réunion des filles de la station-service est un roman qui traite de ce que c’est d’être une femme et de s’accomplir dans une société d’hommes en tant que telle. Est-ce être une bonne mère ? Une bonne épouse ? Avoir une carrière ? Réussir des choses exceptionnelles ? Parvenir à se trouver soi-même ?  Voilà toutes les questions que Sookie sera amenée à se poser au fil des pages et de son voyage dans le passé.  Et à soixante ans, remettre en cause son existence entière n’est pas chose aisée.

Mêlant habilement les fils du récit, entre passé et présent, Fannie Flagg évoque tous ces sujets  sans même avoir l’air d’y toucher, nous livrant un roman captivant et plein d’humour où les choses ne sont pas toujours ce qu’on pense avoir deviné qu’elles sont. De la première à la dernière page, ces filles-là, on n’a pas envie de les quitter.

La Dernière Réunion des filles de la station-service restera pour moi un moment inoubliable qui a gagné sa place sur l’étagère d’honneur de ma bibliothèque.

Nota Bene.

Pour en savoir plus sur les WASP, je vous recommande:

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