La Petite Boulangerie du Bout du Monde.

Résumé.

daaec1b0f8b837c23fb24f9d24585052d4762f04Editions Prisma. Parution : Février 2015.

Prix : 19.95€ Poche: 8.00€ Kindle : 3.99€

La vie entière de Polly part à vau- l’eau. L’entreprise, qu’elle a monté avec son compagnon Chris, fait naufrage et leur relation prend l’eau de toutes parts. Il lui faut repartir de zéro mais avec le peu de fonds qu’il lui reste, impossible de retrouver un logement décent à Plymouth. Sauf peut-être à Mount Polbearne, presqu’île accessible seulement en fonction des caprices de la marée.

Autant dire le bout du monde…

Et comment retrouver un emploi dans un endroit aussi isolé ? Pour calmer  son dépit et sa frustration, Polly se met à faire la seule chose qui délasse ses nerfs : du pain.

Mais pas n’importe quel pain ! Le pain le plus savoureux du monde. Craquant, parfumé, moelleux. Un pain qui ne va pas tarder à mettre sa vie sens dessus, dessous, provoquant rencontres, amitiés mais aussi rancœurs et convoitise. Car, sur cette petite communauté, règne l’acariâtre et tyrannique Gillian Manse, la boulangère et propriétaire de Polly.

Mais dans cette drôle d’aventure, rien ne se passe vraiment comme Polly aurait pu l’imaginer et au bout du monde, elle trouvera d’improbables soutiens pour recommencer sa vie : Neil un petit macareux adoptif, Tarnie, capitaine du navire de pêche le Trochilus,  et tout son équipage, Huck un américain mutique et solitaire lancé dans la fabrication de miel, Reuben son excentrique milliardaire d’ami et toute une petite communauté soudée.

Reste qu’au bout du monde, tout peut arriver…

Mon avis.

Je cherchais une lecture légère et chaleureuse, quelque chose qui me parle de partage, de rêves, d’espoir, histoire de me mettre dans l’ambiance des fêtes. Car, franchement, dès je mets les infos, j’ai plus l’impression que c’est Halloween tous les jours.

Je ne parle pas ici que de l’aspect physique de nos politiques, même si dans l’ensemble ils me font penser à une armée de vampires, sous autobronzants pour certains…

Et voilà ce petit livre que je voyais se balader de blog en blog (par ici chez My Pretty Books,  par là en duo chez Alec à la Bibliothèque et Le Petit Monde d’Isa ) depuis un moment, promenant son odeur douce de pain chaud, qui me fait de l’oeil. Ni une, ni deux, qui ne tente rien, n’a rien, donc allons-y alonso ! 

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Et j’avoue que je me suis régalée. Ce roman a une ambiance extraordinaire. C’est bien la première fois que je pourrais dire une chose pareille, mais ce livre fleure bon le thym et les embruns. Il a le goût des tartines au miel croquantes et encore chaudes, des petits matins de vacances en été. On sent bien au bout du monde, il y règne une tranquillité apaisante et la chaude complicité des amitiés simples et solides.

Pourtant, notre Polly n’est pas au bout de ses peines.  Il lui faut bien du courage et de l’abnégation pour se remettre sur pieds.  Forcément, quand on se retrouve au fin de fond de la  Cornouailles, dans une maison qui tient sur pied par miracle, sans argent et sans travail, avec une propriétaire aussi agréable qu’un gardien de prison chinois, cela demande du recul et un sacré sens de l’humour  pour s’en sortir. Sans compter que bout du monde ou pas, la vie n’en finit pas de couler avec son cortège de vacheries et d’imprévus.

Alors certes, je pourrais pinailler sur les quelques défauts de l’ensemble :

  • Le personnage de Mrs Manse, si terrible au début et si vite évacué. Il m’a fait l’effet d’une baudruche qui se dégonfle, alors que paradoxalement il reste crédible.Qui n’a jamais rencontré une vieille dame acariâtre parce-que pétrie de solitude et de chagrin ?
  • Le personnage de Kerensa, la meilleure amie de Polly, terriblement superficielle, est parfois trop caricatural. Même si les amies ne pouvant pas survivre à moins de 2km d’un centre commercial, ça existe aussi. Et puis Kerensa fait jouer la corde humoristique de l’ensemble et contraste avec la communauté de Mount Polbearne. Mais elle m’a quand même agacée parfois.
  • Le personnage de Huck perd un peu de son sens dans ses tergiversations. Je n’en dirais pas plus.

Alors oui, dans la multitude de figures masculines qui s’annoncent, ça sent la romance à plein nez et c’est légèrement cousu de fil blanc sur la fin. Mais diable ! Ne vous méprenez pas, ce roman ne cesse de vous surprendre de rebondissement en retournement de situation. On pense avoir flairé le fin mot de l’histoire et pan ! Tout se renverse au chapitre suivant. Ce qui commence quand même à être un poil longuet sur la fin, par contre.

A peine le livre commencé, qu’on se laisse embarquer par cette écriture légère et agréable, et en deux temps, trois mouvements, on se retrouve au chapitre 7, incapable de décrocher. L’humour est omniprésent et on ne peut pas nier que les personnages soient dotés d’un bon sens de l’autodérision, ce qui contribue à les rendre sympathiques et le récit dynamique.

Cependant sous des dehors légers et ensoleillés, ce roman aborde en toile de fond des thèmes plus gris, comme la difficulté de retrouver un emploi, de se lancer dans une autre carrière, les petites communautés rurales isolées qui se meurent lentement, les conditions de travail précaires et difficiles des pêcheurs. On ressent douloureusement tout cela à Mount Polbearne. A travers le personnage de Polly, drôle, persévérante, obstinée et parfois cocasse, Jenny Colgan pose aussi la question de savoir ce que c’est de réussir sa vie à l’heure actuelle. Avoir une vie bien rangée ? De l’argent ? La passion de son métier ?

Tout comme le pain de Polly, des histoires personnelles aux saveurs différentes se partagent et se croisent dans ce roman. Les personnages sont attachants, insolites ou parfois un peu rugueux au premier contact. Néanmoins, à l’instar de Polly, on se laisse facilement séduire par cette petite communauté soudée et solidaire face à l’adversité.

Un roman drôle et agréable qui vous fait passer un moment de bonheur simple et sans fioritures. Un peu comme le plaisir enfantin de chiper un bout de baguette toute chaude.

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Sachez aussi que depuis mars 2016, la suite est disponible avec Une saison à la petite boulangerie. Je m’en vais le tester pour vous par curiosité, mais avec appréhension, car il y a des recettes qui ne réussissent qu’une fois et ne supportent pas le réchauffé. Voyons si Jenny Colgan relève le défi !

12 commentaires

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