Mon Midi, Mon Minuit.

Résumé.

51P5ga62+fLLe Cherche-Midi Editeur. Parution : avril 2017.

Prix : 21 € Prix numérique : 16€

Un boulot sans histoire. Un couple harmonieux que les années n’ont pas érodé. Des amis fidèles et complices. Rien n’aurait pu préparer Emma au drame qui va bouleverser son existence paisible.

Au delà de l’inacceptable, il va falloir surmonter la souffrance, l’absence et consentir à continuer de vivre pour reconstruire son existence. Avec les amis. Parfois malgré eux. Autour d’elle, ses proches subissent l’onde de choc du drame et pour eux se pose la question de savoir comment l’aider à traverser le pire.

Mon avis.

Après Les Derniers Jours de Rabbit Haynes, Anna MC Partlin aborde à nouveau le sujet du deuil mais sous un angle nouveau, celui de la reconstruction… Et de l’amitié. Mon Midi, Mon Minuit évoque non seulement la douleur de la perte, le fait d’affronter le deuil, l’absence, les souvenirs, le manque. Mais aussi, et  surtout, ce qui vient après cette phase, au moment où on accepte à nouveau de vivre. Comment accepter de vivre sans l’autre. S’autoriser à construire une autre vie sans avoir l’impression de le trahir

Avec ce ton doux et poignant qui la caractérise, Anna Mc Partlin évoque sans fioritures ces moments violents de l’existence. Pas de grand final de l’acte V, de drama queen ici. Juste la vie. La vraie. Avec ses petits miracles, ses grandes douleurs, ses morceaux de bonheurs et ses déconvenues. Autour de son personnage principal Emma,  le drame crée une forme d’effet domino qui va traverser les existences de ses amis. Chacun absorbe l’événement et le gère comme il le peut. Certains prennent sur eux, d’autres se laissent couler et d’autres encore cherchent des réponses ailleurs. Chacun réévalue sa vie,  voit ses choix, sa foi remis en question, prend des décisions différentes de celles qu’il aurait pu prendre avant… Comme on dit parfois, à travers la douleur, la mort donne une autre saveur à la vie.

Il y a une forme de lucidité dans l’écriture d’Anna Mc Partlin, une capacité à percevoir l’humain dans ses forces et ses faiblesses. Cette spécificité, elle parvient d’autant plus à la mettre en valeur qu’elle prend le récit pour ainsi dire à l’envers. L’élément perturbateur n’est pas une surprise : dans Les Derniers Jours de Rabbit Haynes comme dans Mon Midi, Mon Minuit, il intervient dès les premières lignes. La question qui se pose  alors est de l’ordre de l’humain : comment gérer ce type d’événement auquel nous sommes tous confrontés un jour ou l’autre, directement ou indirectement ? Comment réagit-on à cela ? Comment le surmonte-t-on ? C’est ce qui va faire la ligne directrice de son récit. A travers une sphère de personnages, impactés plus ou moins directement, l’auteur nous permet de vivre une palette de réactions, d’émotions, de nous identifier à tel ou tel personnage.

Anna Mc Partlin possède un don : celui de savoir raconter vrai. Ce qu’elle écrit trouve des échos en nous, certaines scènes ont un accent de vécu, ramènent parfois des souvenirs personnels. Il y a une justesse dans la psychologie de ses personnages, dans la diversité de leurs réactions, dans les aléas de leurs amitiés aussi. Quelque chose qui vous saisit au ventre parfois, qui vous donne envie de les prendre par la main, vous donner l’impression de les connaître. Son personnage central, Emma n’est pas une héroïne, c’est une survivante. Une de celles que le chagrin a collé à terre. Une de celles qui sont toutes écorchées à l’intérieur de s’être accrochée avec les ongles à chaque petit morceau de bonheur pour être là et dont le sourire vous rappelle qu’elle a réussi. C’est tout cela qui fait sans aucun doute le charme d’Anna Mc Partlin. Ce qui fait qu’on se laisse glisser dans ses livres, en dépit de ce qu’ils pourront réveiller en nous.

Si mon affection reste aux Derniers Jours de Rabbit Haynes qui m’avait totalement emportée, Mon Midi, Mon Minuit m’a indéniablement séduite par sa façon de rappeler que, peu importe à quel point la vie peut vous mettre à genoux, parvenir à se relever vous fait ressentir toute la saveur d’être vivant.

13 commentaires

  1. De prime abord le roman ne m’intéressait pas (j’ai des difficultés à lire des histoires, hors thrillers, qui traitent de maladie et de mort même si le côté reconstruction est présent), mais ta chronique est magnifique et m’a donné envie de tenter ma chance. Il faudra juste que j’attende le bon moment…

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