Broadchurch (S.1)

Fiche technique

Broadchurch1Sortie : 2013

Créateur : Chris Chibnall

Réal : Euros Lyn / James Strong

Casting :  David Tennant, Olivia Colman, Arthur Dardvill, Jodie Whittaker, Andrew Buchan

Synopsis

Blotti près de ses falaises, le village de Broadchurch abrite une petite communauté en apparence tranquille. Mais la découverte du corps de Danny Latimer, un garçon de onze ans vient fissurer cette belle entente et la vie tranquille du village. Qui a pu tuer un garçon de onze ans ? Et pourquoi ? Peu à peu les rumeurs commencent à courir,  les secrets de chacun sortent des placards, distillant les dissensions, alimentant l’angoisse, la colère et le doute.

C’est dans ce contexte que le nouveau capitaine de police, Alec Hardy, fraîchement arrivé, prend les rênes de l’enquête, assisté par le lieutenant Ellie Miller (qui s’attendait elle à être promue capitaine. Ambiance). Mais les habitants du village ne sont pas les seuls à traîner un lourd passé et celui qui ronge le capitaine Hardy suscite des interrogations: est-il vraiment l’homme de la situation ?

Mon avis : Lettre à David Tennant (bis bis repetitam)

Cher David,

Après ma dernière missive rendant hommage à votre carrière, me voilà obligée de reprendre la plume. Non ne soupirez pas, mon bon ami. La faute vous en revient. Si vous continuez à persévérer dans cette voie brillante, cette histoire risque fort de tourner à la correspondance régulière. A sens unique certes, que voulez-vous ? Vous êtes inspirant et je suis inspirée.

Je viens de terminer la saison 1 de Broadchurch et laissez-moi vous  dire que je ne m’en remets pas. Et bon sang ! Quelle série ! Quelle claque !

Partagée en famille, elle a généré un vif enthousiasme, prenant des allures de Cluedo télévisuel, chacun y allant de ses spéculations à la fin d’un épisode, tel un Hercule Poirot, une Miss Marple ou un Sherlock Holmes sur canapé. Il faut dire que c’était le petit festival de la fourberie sur la question des fausses pistes. Chaque épisode venait distiller le  doute, faire vaciller les certitudes, en apportant son lot de révélations. La chose étant amenée d’une main de maître, l’air de ne pas y toucher, sur le mode du  » Je pose ça là comme ça. C’est pt’être bien une piste ou c’est important… Ou pt’être que non… » Chris Chibnall connaît bien son affaire le bougre. Il m’a fichu de ses angoisses ! Inutile de vous décrire ma tête pendant le visionnage. J’ai fait des petits sauts de gambas dans une poêle à frire chaude.

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Même votre personnage paraissait y perdre la raison par moment. Que vous étiez beau d’ailleurs. Pas physiquement parlant, du moins ce n’est pas la question, mais vous étiez beau dans votre interprétation. Par la fluidité avec laquelle vous avez endossé la peau de votre personnage. Ce policier sombre, aux cernes lourdes, mal rasé, littéralement rongé, bouffé dirais-je même, si vous me le permettez de l’intérieur. Innocent ou coupable ce capitaine ? Qu’a-t-il donc sur la conscience qui pèse si lourd ?

Encore une fois, vous l’avez embrassé ce personnage jusqu’à la moëlle. Son malaise transpire par chaque pore de votre peau. Sa douleur transperce vos prunelles. Toujours juste dans votre jeu. Jamais un frémissement de cil de trop. Sobre et profondément humain.

Et que dire de votre partenaire d’affiche, Olivia Colman ! Elle m’a mis les larmes aux yeux dès le premier épisode avec une telle facilité. Je me suis laissée prendre et surprendre. Elle s’accorde à votre jeu, apportant ses nuances. Quelle hâte j’ai à présent de la voir prendre le relais de la saison 3 de The Crown ! Je n’ai plus aucun doute sur le fait qu’elle soit le choix idéal
Il y a comme une évidence dans votre interprétation en duo. L’intrigue est certes prenante, mais vos personnages sont l’ingrédient qui fait monter la mayonnaise et vous les sublimez avec une justesse de jeu absolument bluffante.

Il faut dire que vous êtes brillamment secondés par un casting qui s’est mis au diapason dans la sobriété, la nuance et la puissance d’interprétation. Il y a beaucoup de noms sur lesquels j’aimerais m’attarder, mais d’une simple missive on passerait à une petite encyclopédie de Broadchurch illustrée. Permettez-moi simplement au moins d’en citer quelques uns: Jodie Whittaker, Pauline Quirke, David Bradley, Matthew Gravelle

Tout un chacun nourrit à sa façon cette atmosphère pesante, anxiogène qui pèse sur le village entier. De fines notes d’humour mordant, d’ironie acide émaillent ça et là les dialogues, les rapports, leur conférant un relief naturel, apposant aussi la touche so british. On pourrait presque parfois se laisser aller à goûter la douceur de l’ordinaire, mais soudain les falaises imposantes, viennent écraser le spectateur, rappeler de leur stature la menace qui pèse. Dans Broadchurch, même le décor est un personnage.

Photo David Tennant, Olivia Colman
Source / © ITV S

En dépit de son charmant village, de sa plage dorée et de ses beaux paysages, Broadchurch n’est vraiment pas l’endroit où on aimerait passer ses vacances, tant l’endroit suinte désormais l’angoisse.

 A Broadchurch, personne n’est vraiment aussi serein que ce qu’il semble être. Comme dans le monde réel, chacun a son cadavre dans le placard, sa malle de linge sale, un bout de conscience pas bien net. La mort de Danny va lézarder les apparences tranquilles. Dans ce village tranquille où tous se connaissent, les silences se font pesants, les regards accusateurs et la moindre ombre dans une vie devient une accusation. Les esprits effrayés sont prompts à déclencher la curie.

Plus que sur l’action, c’est sur la psychologie des personnages, et dans l’esprit du spectateur même, que tout se joue. La caméra nous montre ce que les autres ne voient pas, attire notre regard sur les détails perturbants, nous trouble, nous emmêle, semant la confusion jusqu’à ce qu’on ait perdu toute certitude. Où le saint et où est l’assassin ? Chaque cliffhanger nous laisse toujours plus haletant et le dénouement final vous tord joyeusement l’estomac en un petit noeud bien serré.

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Mais quel régal que cette torture ! Et on en redemande…

Voulez-vous que je vous dise, mon cher David ? Vous êtes responsable d’une nouvelle addiction ! Si je ne vous avais pas suivi d’une série à une autre, je ne serais pas à cette heure empêtrée, les pieds enfoncés dans le sable de Broadchurch. Mais vous savez quoi, même si mon bonheur sera courte durée (trois saisons seulement) je vous en remercie.

Sur ces mots, je vous salue bien, et je m’en vais de ce pas, lancer le DVD de la saison 2.

Ps pour les incrédules.

Si vous doutez de mon objectivité, je vous laisse par ici la chronique de The Cannibal Lecteur histoire d’achever de vous convaincre.