Have you met… Matt ?

https://www.standard.co.uk/stayingin/tvfilm/matt-smith-to-play-charles-manson-in-charlie-says-a3759881.html Source : Emma McIntyre/Getty Images for Turner

His name is Smith.

Matt Smith.

Ce n’est pas le nom de code d’un agent du MI-6.

C’est un acteur doué au physique atypique à qui la télévision a su mieux faire la part belle que le cinéma.

Mon Docteur dépenaillé. Comme cette phrase d’Amy Pond dans Doctor Who le décrit bien.

Have you met Matt Smith ?

Fiche signalétique

Nom complet : Matthew Robert Smith, dit Matt

Né le : 28 octobre 1982

Nationalité : britannique

Profession : Acteur

Signes particuliers : Dégingandé. Noeud papillon because Bow ties are cool. Fèz, car le ridicule ne tue pas dans Doctor Who. Onzième Docteur. Fan de métal (la musique, pas le matériau).

La jeunesse et la gloire : Doctor Who

A l’origine, dit la légende, le jeune Matt Smith était parti pour devenir footballeur professionnel. Et puis le destin railleur le blessa cruellement au dos et le voilà parti vers l’art dramatique, encouragé par son professeur qui le pousse joyeusement aux fesses.

Béni soit ce saint homme qui eût là une belle inspiration.

Entre le National Youth Theater et l’université d’East Anglia, Matt Smith va sans le savoir préparer son destin. Il rencontre celui-ci en 2009. Après quelques téléfilms pour la BBC, il est choisi par Steven Moffat pour succéder à David Tennant et incarner le onzième docteur. Il entre dans la légende en devenant le plus jeune acteur (26 ans !) à incarner le Docteur.

Mais le pari n’est pas gagné…

Ah Matt et Eleven ! Difficile de passer après Christopher Eccleston et surtout David Tennant qui, en fan absolu de la série, s’est emparé du personnage avec brio. Le choix fait polémique parmi les fans et Matt Smith va devoir ses preuves.

Pour certains fans, la mayonnaise ne prendra pas. Mais d’autres, comme votre servante, resteront de perpétuels indécis devant le choix cornélien : Ten ou Eleven ? (Ce qui équivaut à demander : tu veux du coulis de chocolat ou de la chantilly sur ta glace ?) Deux acteurs, deux styles, deux régénérations mais un Docteur.

Avec sa dégaine d’adolescent dégingandé, Matt Smith parvient pourtant avec une adresse surprenante à se glisser dans la peau du Time Lord. Il tire avec habileté les ficelles initiées par ses prédécesseurs, en particulier David Tennant et Christopher Eccleston, jouant sur la part d’humanité du Docteur, tout en distillant sa touche de fantaisie.

Suis-je objective ? Difficile à dire, car c’est Matt Smith qui me fera chavirer dans la marmite Doctor Who dans l’épisode Vincent and The Doctor (Series 5 Episode 10). Episode culte s’il en est, où il réussit à mes yeux à faire exister le Docteur.
Nota : Après cela, j’ai tout repris du début pour devenir une Whovian.

Matt Smith en Eleven, c’est un subtil mélange de jeunesse et de maturité. L’apparence juvénile, des manières excentriques mais un regard qui pourrait avoir des centaines d’années. Bow ties et poisson crème anglaise, qui d’autre pouvait rendre cela crédible ? C’est en ce sens qu’il a su capturer le docteur selon moi. C’est aussi ce paradoxe permanent, ce contraste d’âge en un seul homme qui rend son duo avec River Pond si fort.

Qu’on aime ou non, pour une large part des fans, son trio avec Karen Gillan et Arthur Dardvill restera culte et sera un point fort de ces saisons Eleven où le Moffat Style soulèvera bien des débats chez les fans.

Mais je m’éloigne du sujet. Nous ne sommes pas là pour faire une thèse sur le personnage d’Eleven, même si c’est là une excellente façon de démontrer le talent de Matt Smith qui l’a rendu fascinant. Déconcertant, charmant… et fascinant. D’ailleurs son interprétation sera saluée par différents prix au fil des années dans le Tardis.

Un acteur sous-employé : The Crown ou la seconde révélation

En 2013, Matt Smith passe le relais de Doctor Who à Peter Cappaldi. Mais il reste depuis un acteur sous-utilisé. Quelques films comme Terminator Genisys, Lost River ou Pride Prejudice and Zombies. Rien cependant de suffisamment notable pour le propulser hors du rang, le mettre en avant à sa juste valeur. Il reste d’ailleurs assez cantonné dans le domaine de la science-fiction ou de l’horreur.

Son physique très reconnaissable et un peu atypique autant que le fait d’avoir eu le Docteur comme premier grand rôle l’ont hélas marqué d’une étiquette difficile à décoller, qui joue probablement fortement sur sa carrière. Dans l’esprit du public et des producteurs, il reste le Docteur.

Et c’est dommage, car on pressent chez cet acteur de formidables capacités.

Heureusement, encore une fois c’est la télévision qui va démontrer tout son potentiel. En 2016, la série The Crown où il incarne Philip Mountbatten, l’époux de la reine Elisabeth II, lui fournit l’occasion de s’illustrer dans un registre totalement différent de qu’il a pu faire jusque-là.

Avec finesse, il joue des ambiguïtés de ce personnage royal, le rendant tour à tour attendrissant, détestable, insupportable ou attachant. Tout en rendant les côtés peu glorieux de sa personnalité, il parvient à susciter l’empathie en démontrant la position au final peu enviable qu’occupe l’époux de la reine.

Son tandem avec Claire Foy est d’ailleurs d’une rare crédibilité, laissant percevoir clairement les fissures progressives et insidieuse que produit la monarchie au sein de ce jeune couple au départ soudé.

Dans cette série, sur une scène, un regard, alors qu’un instant auparavant son personnage paraissait macho et irritant au possible, Matt Smith parvient nous flouer.

Dans la peau de Philip Mountbatten, il démontre une rare capacité à manier les registres tout autant que les paradoxes psychologiques de son personnage avec subtilité.

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Actuellement, Matt Smith a trois projets dans les starting blocks en attente de sortie :

  • Patient Zero, un film de zombies sur le mode Walking Dead (si j’en crois le synopsis) avec Nathalie Dormer et Stanley Tucci.
  • Charlie Manson, un biopic sur un personnage peu recommandable.
  • Official Secrets, un film d’espionnage où il partagerait l’affiche avec Keira Knightley, Matthew Goode et Ralph Fiennes.

Des projets diversifiés et des compagnons prestigieux. De quoi penser que The Crown a su donner un nouveau souffle à sa carrière et faire venir les projets. Espérons maintenant que le monsieur se montre à la hauteur de ce qu’il a su nous dévoiler jusqu’ici et que ces nouveaux projets lui donnent l’élan nécessaire pour aller… dans les étoiles !