The Crown (S.2)

Sortie : décembre 2017

Producteur : Netflix

Créateur : Peter Morgan, Tom Edge, Nick Payne

Casting : Claire Foy, Matt Smith, John Lithgow, Victoria Hamilton, Jared Harris, Ben Miles, Vanessa Kirby.

Synopsis

Cela fait maintenant dix ans qu’Elisabeth porte le lourd poids de la Couronne sur ses épaules. Et cela n’est pas sans incidence pour le couple qu’elle forme avec Philip et qu’il lui faut préserver à tout prix.

Alors qu’avec les années 60, l’agitation gagne les pays du  Commonwealth et que les enjeux suscitent une montée des tensions, les rumeurs de scandale se multiplient autour de Philip, parti sillonner les mers du Sud, fragilisant la position d’Elisabeth.

Autour de la monarchie, le monde se modernise, les mentalités évoluent, entraînant d’inéluctables changements pour la Couronne, qu’Elisabeth va devoir négocier…

Mon avis.

Jouant toujours de l’intimité royale et de faits ou d’événements historiques avérés, cette saison 2 de The Crown est indéniable riche, dense et un peu plus rythmée que la précédente.

Si la première saison était généralement assez centrée sur une Elisabeth qui prenait ses marques sur le trône, les épisodes de cette seconde saison alternent les focus sur les différents personnages historiques (Philip, Margaret, Anthony Eden, le Duc de Windsor, Lord Altrincham, Jackie Kennedy) soulignant la personnalité singulière de la reine par le contraste qu’ils créent avec elle. A leur façon, chacun de ces personnages introduit dans l’univers de la reine un peu de cette modernité qui fissure peu à peu les codes figés de la monarchie, et à laquelle elle va devoir s’adapter.

Fidèle incarnation impassible et confiante de la couronne, on découvre également une souveraine terriblement solitaire, parfois dépassée, blessée par les jugements du monde extérieur. Et finalement bien plus humaine qu’il ne pourrait y paraître. Ainsi que le soulignait Vanessa Kirby qui incarne la Princesse Margaret :

 « The Crown » humanise et désacralise ses habitants en racontant une histoire de famille universelle… « Et cela sans être à charge contre eux ou les glorifier. Avant de faire la série, je les voyais comme des personnes privilégiées et froides. Je pense maintenant qu’ils sont enfermés dans des rôles qu’ils n’ont pas choisis, et qu’ils ont leurs propres problèmes, comme tout le monde. »

Une analyse que l’on ne peut que partager après visionnage. The Crown ne cherche pas à donner une image négative ou positive de la monarchie, mais bel et bien à la placer sous un éclairage différent, peut-être plus juste que l’image de papier glacé que les médias ont l’habitude de nous donner.

Crises politiques et séismes privés se font écho dans cette nouvelle saison qui va nous conduire toujours plus loin dans les arcanes secrètes de la monarchie, du passé peu reluisant du Duc de Windsor à certains événements de celui de Philip. Les personnalités s’expliquent et l’Histoire se déroule.

Toujours aussi splendide dans sa réalisation et ses reconstitutions, la série s’offre le luxe d’une certaine précision historique, même si certains événements doivent être romancés pour la fluidité de la narration. The Crown maintient ainsi ses standards d’exigence et de qualité de la saison 1,  tant au point de vue artistique, technique ou scénaristique pour le grand plaisir de son audience.

L’alternance des focus sur les différents personnages et la richesse du contexte donnent un rythme un peu plus vif que précédemment à cette saison, dont les dix épisodes se laissent dévorer en peu de temps, si l’on n’y prend garde.

Toujours impeccable, le casting de ses deux premières saisons réussit son final en beauté, nous laissant dans l’expectative de ce que nous réserve la troisième saison.

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