Pas de pitié pour les blogueurs.

Cela pourrait être le titre d’un roman humoristique. D’une parodie. Ou d’une comédie hollywoodienne moderne. Mais non… C’est un constat.

Dire que l’on tient un blog attire de façon générale un regard de commisération qui vous rabaisse au rang d’un ado de quatorze ans, à la voix éraillée. Restés à l’heure de MySpace et autres MSN, beaucoup de gens n’ont pas suivi le tournant de la communication Internet, et ce que l’on appelle désormais de façon générique les influenceurs.

Et pourtant ! C’est une réalité que de dire que les blogs, les vlogs et les réseaux sociaux divers et variés ont désormais une place déterminante, et sociologiquement intéressante dans notre vie. Parfois inquiétante, je vous l’accorde.

Des blogs, comme des vlogs, on en trouve de toutes sortes et sur tous les sujets : des culinaires, des voyageurs, des cinéphiles, des littéraires, des geeks, des éclectiques, des dilettantes ou des carrément professionnels. Chacun peut trouver chaussure à son pied. Pourtant, vu de France, cela paraît encore comme un ovni et on considère ça avec une curiosité mêlée de commisération. Un peu comme les fandoms finalement. Est-ce le côté sectaire ?

Personnellement, je n’ai pas prétention à influencer la vie des gens. Ce qui me plaît dans le fait de bloguer, c’est le partage. La possibilité de faire découvrir. Peut-être de susciter des intérêts nouveaux. Et si ma foi, au passage, un lecteur non averti passe de Guillaume Musso à Jane Austen en me lisant, je me dirais que je sers peut-être à quelque chose finalement.

Cependant, comme beaucoup d’entre vous, blogueurs, je ressens une certaine gêne, à évoquer cette partie de mes activités, à laquelle je consacre pourtant énormément de temps. Par appréhension quant à la réaction possible, parfois gênée, de mon interlocuteur. Plutôt le silence, que le malaise en somme.

Et ceci alors que je n’ai pas à rougir de quelque chose que je fais avec sérieux, application, régularité et qui m’a apporté beaucoup.

Alors pour mieux se comprendre, ça vous dirait de découvrir ce qui se passe dans les coulisses d’un blog ?

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Les bases de la rédaction web : ligne éditoriale & qualité d’écriture

Sans avoir prétention à être lue, j’ai toujours considéré qu’il était de mon devoir d’apporter quelque chose au lecteur qui se perdrait par mégarde dans mon petit coin de blogosphère, de lui offrir un contenu avec un minimum de qualité. Histoire qu’il ne soit pas déçu du voyage, tant qu’à faire.

Définir une ligne éditoriale, un style, des angles d’attaques, choisir des sujets, savoir les varier, rechercher des sources, tout cela prend un temps considérable. Et ce n’est que la partie immergée de l’iceberg. Il faut encore :

  • synthétiser,
  • rédiger,
  • relire (bon nombre de fois, car on connaît trop son texte pour tout voir au premier coup)
  • partager.

On me demande parfois combien de temps me prennent mes articles. Cela varie entre 2,5h, ce qui est une moyenne hors temps de recherche/lecture, et une demie-journée.

A titre d’exemple, le dernier Have You Met sur James McAvoy m’a pris 5h à rédiger et relire, sans compter le travail de recherche et de sélection effectué avant. J’ai lu différentes sources, sélectionné, films, extraits, bandes annonces, écouté des interviews… On pourrait crier au fangirlisme, mais sachez que celui sur Jean Gabin m’a pris deux journées et bien des articles techniques sur les métiers du cinéma m’ont pris autant de temps. La p’tite revue de presse prend à elle-seule une demie-journée.

En résumé, ce que j’ai appris, c’est que pour avoir un blog « vivant » il faut :

  • Avoir un contenu de qualité donc préparer ses sujets
  • Savoir les diversifier tout en gardant une ligne éditoriale
  • Faire attention à l’écriture : grammaire, orthographe, vocabulaire
  • Savoir garder un style qui vous soit propre, tout en écrivant pour un lecteur et non pour soi

Soit : contenu riche + forme qualitative. Si vous réfléchissez deux minutes, vous comprendrez que l’on touche ici aux bases (aux bases seulement, tout n’est pas si simple !) du métier de rédacteur web. Eh oui ! Mine de rien, ce n’est pas si facile que ça.

Alors faire tout ça pour la beauté du geste, je ne sais pas vous, mais je trouve que ça mérite un peu mieux qu’un regard en coin.

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Interaction avec son audience

Ecrire pour soi, c’est bien. Ça permet d’évacuer. D’éviter de pourrir les déjeuners de famille. Voir d’attaquer son entourage.

Mais bon, écrire pour être lu et voir son blog vivre, c’est sympa aussi. Seulement cela implique de se sociabiliser. Effectivement, dit par une misanthrope de mon espèce, cela peut prêter à rire, mais je vous assure que tenir un blog a fait monter ma côte de sociabilité. Cela m’a également contrainte à me pencher sérieusement sur les réseaux sociaux. A explorer même ce que la notion de réseau social recouvrait.

Vous pouvez être un pro du SEO, si vous n’entretenez pas le lien avec vos lecteurs, votre blog risque de se dessécher sur place.

Tenir un blog si vous souhaitez qu’il soit lu, cela induit de :

  • Repérer les meilleurs créneaux horaires où publier vos articles
  • Assurer leur diffusion sur les réseaux sociaux
  • Connaître votre lecteur et établir avec lui des habitudes, des RDV
  • Aller voir ce que les autres blogueurs font, développer un réseau, savoir établir avec eux des collaborations.

Mais, me direz-vous, tu as un deuxième travail en fait !

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C’est vous qui l’avez dit…

Plus sérieusement, tout ceci s’applique si vous avez envie que votre blog soit lu. Si vous écrivez juste pour vous, absolument rien ne vous oblige à faire tout cela.

D’ailleurs, rien ne vous oblige fondamentalement à rien sur la blogosphère. Excepté respecter des règles de bienséance et de politesse élémentaires. Même si cela échappe parfois à certains.

Le blog, une discipline à part entière

Trouver l’inspiration, travailler son écriture, programmer des articles, relève à la fois d’une gymnastique de l’esprit régulière mais aussi d’une forme d’auto-discipline. Du moins pour les blogueurs qui s’investissent dans leur blog.

Encore une fois, il ne s’agit pas pour moi de critiquer ceux qui le font en dilettante, mais plutôt de valoriser le travail de tous ceux autour de moi qui s’astreignent à tout cela. De faire prendre conscience de la masse de travail que cela représente afin de démontrer que non, le blog ce n’est pas, n’est plus une activité futile, réservée aux adolescents.

Bien au contraire, avec l’explosion des réseaux sociaux et d’Internet, bloguer est devenu une véritable discipline. Un secteur d’activité à part entière. Un domaine de communication sur lequel comptent certains secteurs d’activité (ex maisons d’éditions, distributeur de films), et qui se professionnalise même. Se faisant, on répond à un certain niveau d’exigence, sans pour autant renier notre objectivité.

On peut argumenter sur le bien-fondé de tout cela, sur le fait que cela peut biaiser ou non l’avis du consommateur potentiel… Pour ceux qui tiennent à le savoir, sur ce blog, on ne fait pas de placement de produits.

Mais cela n’est pas le débat…

Ce que je veux démontrer ici c’est que les blogueurs par leur investissement, en défendant livres, films, jeux vidéos, maquillage, recettes,  génèrent indirectement de l’économie, même si cet argent ne va pas dans leur poche. Mais ça, c’est une réalité que le grand public a du mal à percevoir de façon générale.

L’échange, la découverte, le partage sont pour beaucoup d’entre nous les piliers fondamentaux de ce que nous faisons. Et même si quelques rares parmi nous parviennent à en vivre peu ou prou (la plupart ne touchent pas le moindre cents, soyons honnêtes), nous le faisons avant tout avec et pour le plaisir. Pour l’amour de l’art dirais-je…

Ce que produisent la plupart des blogueurs.euses de mon entourage, est le fruit d’une considérable masse de travail. D’un investissement. A mon sens, cela mérite un minimum de considération. Enfin sûrement plus que …

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