Holmes (1854-1891?) par Brunschwig et Cécil. t.1&2

Résumé : L’Adieu à Baker Street (t.1) / Les Liens du sang (t.2)

Le 4 mai 1891, Sherlock Holmes disparaît dans les chutes du Reichenbach, entraîné par son combat contre sa Némésis, le professeur Moriarty. De ses derniers moments, ne reste qu’une lettre d’adieu en relatant les circonstances à son fidèle ami, le Docteur Watson.

Alors que celui-ci s’attelle à la douloureuse tâche d’écrire le récit de cette l’ultime enquête, le 221b, Baker Street est mis à sac. Visiblement quelqu’un cherche se donne énormément de mal pour mettre la main sur quelque chose.

Aidé par le fidèle Billy Wiggins, Watson découvre épouvanté que ce n’est nul autre que Mycroft qui se cache derrière ce saccage. Mais que signifie cette traîtrise ? Que cherche à cacher Mycroft ? Face aux questions de Watson, celui-ci lui fait de bien étranges révélations qui remettent tout en cause.

Et si aux chutes du Reichenbach, Sherlock Holmes avait maquillé un suicide en une fin de carrière héroïque ? Et si le grand détective n’était pas exactement l’homme que Watson s’était figuré ?

Aidé de Wiggins et accessoirement de son agent littéraire Arthur Conan Doyle, Watson se lance sur la piste de la vérité. A travers l’Europe, les voilà sur les traces du professeur Moriarty et du passé de Sherlock Holmes. C’est un étrange jeu d’ombres qui commence pour trouver la vérité.

Mon avis : Sous le charme !

Esthétiquement, c’est somptueux dès la couverture. Un travail d’orfèvre avec luxe de détails. Sobre mais soigné. Le coup de plume impeccable fait naître une atmosphère toute particulière qui vous prend dès les premières pages.

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Le soin apporté aux détails est un régal pour les yeux. Chaque élément du décor est presque comme ciselé, tellement c’est délicat et méticuleux.

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Sans parler des personnages ! Doyle m’a sauté aux yeux. J’ai su que c’était lui avant même d’avoir lu son nom.

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Soulignons enfin le choix très pertinent du noir et blanc, allié au sépia pour les souvenirs, qui conforte cet aspect « jeu d’ombres » du mystère dans lequel nous nous plongeons.

Ce mystère, parlons-en justement ! Voilà que Mycroft Holmes parle de délire et de suicide en évoquant la mort de Sherlock aux chutes du Reichenbach. Que le doute plane sur l’existence du professeur Moriarty poursuivi par celui-ci. Qu’une bien étrange atmosphère règne dans la demeure familiale des Holmes et que le Dr Watson lui-même est assailli par l’incertitude : Ce qu’il croyait connaître de son ami n’aurait-il été qu’une façade ? L’esprit de celui-ci aurait-il été emporté par la cocaïne vers la fin prématurée de son existence. De soupçons en découvertes, le mystère s’épaissit.

Assez courts mais très riches, ces deux premiers tomes vous tiennent en haleine et laissent un goût de revenez-y. Holmes imposteur, l’idée n’est pas neuve, c’est une veine exploitée par d’autres pastiches. En revanche l’aborder par le biais de sa jeunesse et de l’histoire familiale, voilà un concept qui ne manque pas de piquer la curiosité du lecteur. Notamment s’il s’agit d’un holmésien, qu’il soit averti ou en herbe. Ceux-ci ne manqueront pas de se délecter de ces superbes albums, qui ne font pas fi du détail historique, puisque même le lien familial des Holmes avec le peintre Horace Vernet est évoqué.

Après avoir dévoré en moins de temps qu’il ne faut pour le dire ces premiers tomes, je n’ai qu’une hâte : poursuivre cette passionnante investigation aux côtés de Wiggins et Watson. D’autant plus que nous savons, nous lecteurs, grâce au Canon une chose que nos deux protagonistes ignorent : Holmes n’est pas mort aux chutes du Reichenbach.

Alors où tout cela va-t-il nous mener ?

Je termine cet article en remerciant très sincèrement Satoru Kudo qui m’a fait présent de ces deux albums à Noël. Elle a exaucé sans le savoir mon souhait, puisque je les avais déjà repérés en librairie. Heureuse coïncidence ou amitié holmésienne inspirée, je vous laisse prendre votre parti. Mais vous savez ce que pense Sherlock des coïncidences…

“The universe is rarely so lazy.”

Sherlock (BBC). The Sign of Three