Split (2017) : Plus on est de fous…

Fiche technique

Sortie  : 2017

Réal : M. Night Shyamalan

Scénario : M. Night Shyamalan

Casting : James McAvoy, Anya Taylor-Joy, Betty Buckley, Haley Lu-Richardson, Jessica Sula

Synopsis

Dans la famille psychopathe, je voudrais Kevin. Kevin souffre d’un trouble de la personnalité dissociatif, une pathologie mal connue et peu reconnue. Kevin est quelqu’un d’adorable. Du moins en ce qui concerne une partie des 23 personnalités qui l’habitent. Quelques unes d’entre elles sont bien moins fréquentables. Ce qui est dommage, car lassées d’être refoulées, elles ont décidé de permettre la naissance d’une 24ème. Une enfouie depuis longtemps. Pour se faire, elles poussent Kevin à kidnapper trois adolescentes…

Mon avis : Je vais bien. Tout va bien

Split et Unbreakable paraissaient ne rien avoir de commun, si ce n’est leur réalisateur/scénariste et leurs personnages centraux dotés de capacités hors du commun. Pourtant c’est bien une trilogie que nous livre M. Night Shyamalan. Trilogie à laquelle Split apporte l’ultime pièce avant la résolution finale que donnera Glass (sortie janvier 2019). On peut dire que niveau suspense, M. Night Shyamalan avait bien joué son coup.

La premier poster de Glass dévoilé

Mais revenons-en à notre… nos moutons, puisqu’ils sont plusieurs dans cette histoire. 24 en tout et le dernier n’est pas le moindre. Si la bande-annonce semble avoir tout révélé de l’affaire, méfiez-vous donc mes agneaux et souvenez-vous bien que c’est M. Night Shyamalan qui tire les ficelles de la réalisation et du scénario.

M. Night Shyamalan, vous vous souvenez ? C’est le sympathique psychopathe qui nous a traumatisé avec Sixième Sens ou Le Village. L’homme à cause de qui, je refuse d’aller aux toilettes sans lumière la nuit. Le scénariste avec qui, même pour des millions, je refuserais de passer un weekend dans une maison isolée.

Et on peut dire sans détour que le monsieur avait décidé de nous concocter un bon p’tit opus sous tension, mode cocotte-minute, à la hauteur de sa réputation. Pour vous la faire simple, l’enjeu du film sera de savoir :

  • Comment fonctionne la psychée fragmentée de Kevin ?
  • Qui est cette 24ème personnalité ? Et que veut-elle ? (A priori, pas juste boire un verre entre personnalités)
  • Est-ce qu’on va tous mourir ? Et accessoirement comment ?

Et ça évidemment, M. Night Shyamalan va se faire un plaisir de vous le faire découvrir en vous laissant mariner dans une ambiance glauque et angoissante à vous faire claquer l’élastique de la culotte. Si vous me pardonnez cette image.

Alors que l’on entre très rapidement dans le vif du sujet ( trois minutes de film et c’est le drame) il fait ensuite évoluer l’action sur un rythme lent, poisseux, prenant un malin plaisir à malmener son spectateur en faisant monter la tension insidieusement. Lumières jaunâtres, ambiance sombre, décors souterrains labyrinthiques, pas franchement rassurants. A l’instar des trois adolescentes, on essaie tant bien que mal d’appréhender la situation, de comprendre où  on est et dans quoi on a mis les pieds.

La psychologue de Kevin fait-elle fausse route sur l’analyse de la situation ? The  Beast n’est-elle qu’une fantasmagorie de la maladie mentale ou existe-t-elle réellement ? Suspense. Ah tiens j’ai cru entendre une côte craquer…

Les cartes se dévoilent peu à peu, tout comme les histoires, dont chacune aura son importance. La tension monte implacablement, nous amenant vers la résolution finale avec des noeuds à l’estomac. Mais non ! Pas par là ! Ah ben toi tu vas mourir. Et à ce petit jeu de dupes, M. Night Shyamalan est le maître du jeu. Mais il a dans sa poche un trio d’atouts de choix : James McAvoy, Anya Taylor-Joy et Betty Buckley.

Au centre évidemment, James McAvoy a la part belle, livrant une impressionnante performance d’acteur d’une personnalité à l’autre. Sans se métamorphoser complètement, ce qui aurait été étrange (rappelons qu’en définitive Kevin n’est qu’une seule personne), il parvient à insuffler un caractère bien défini à chacune des personnalités. Un pincement de lèvre, un haussement de menton, voix douce et posée, c’est la sévère Patricia qui fait son entrée. Un cheveu sur la langue, un regard un peu vers le bas, une posture recroquevillée, voici Hedwig huit ans et des chaussettes rouges. Posture rigide, attitude froide et contrôlée, regard calculateur, impassible et maniaque, Dennis est aux commandes. Un sourire franc, une voix enjouée, l’espace d’un instant Barry est avec nous et on se sent rassuré. Au fil du film, on apprend à les reconnaître, à les deviner. Et il suffit à l’acteur d’une subtile inflexion pour marquer le changement. De fait son personnage devient à la fois horrifiant, répugnant et attachant. Sans compter que l’on ignore qui va faire son apparition …

Mais tout cela resterait creux sans le triangle relationnel qui s’établit avec les deux autres personnages clés, remarquablement incarnés par Betty Buckley (Dr Karen Fletcher) et Anya Taylor-Joy (Casey Cooke).

Avec chacune d’entre elles, les personnalités de Kevin entretiennent une singulière relation. Toutes respectent et tolèrent le Dr Karen Fletcher qui essaie de les comprendre, de les protéger, respectant leur individualité. Certaines l’ont même en affection. Pourtant lui disent-elles réellement tout ? Et peut-elle reprendre le contrôle ?

Quant à Casey… c’est une autre histoire que seul le visionnage du film peut vous faire comprendre. Et hop teasing ! Je n’allais pas tout vous raconter non plus.

Sans effusion de sang, sans sursaut à chaque claquement de porte, M. Night Shyamalan nous broie avec minutie dans un étau de tension, usant méticuleusement de chaque détail pour un twist final qui n’en est que plus savoureux.

Et après tout cela, le pire c’est qu’on en redemande. La question qui se pose est de savoir à quelle sauce nous allons être mangé (référence inside) pour Glass.

A savoir : L’équipe de Glass sera au Comic Con de San Diego (19 au 22 juillet) et on évoque la possibilité d’un premier trailer. Si quelqu’un a un jet…

Cinéma cinéma cinéma

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“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

7 commentaires Laisser un commentaire

  1. Ce film est directement rentré dans mes favoris. Déjà, pour l’interprétation incroyable de James McAvoy, mais surtout pour la réalisation de ce film époustouflant. Après le visionnage de Split j’ai lu « les milles et une vies de Billy Milligan » qui a inspiré le personnage de Kevin. Une pépite. J’attend la sortie de Glass avec une grande impatience. J’ai d’ailleurs revu Incassable la semaine dernière, histoire de m’y préparer. 🙂

    Aimé par 2 personnes

  2. Très bon film qui confirme le retour en forme de Shyamalan après son film à petit budget The Visit et la très réussie série Wayward Pines. En tout cas ton article analyse bien le film et réveille la hype. Vivement Glass!

    Aimé par 1 personne

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