Et si on regardait… Chefs ? (ou pas !)

Après la balade culturelle et la chronique de genre (sic!), July nous la joue escale culinaire et met les petits plats dans les grands pour vous parler de la série Chefs. Jouant les fins gourmets de la critique de série culinaire, il en arrive même à nous citer du Rousseau (Sic bis) pour une analyse scénaristique relevée !
Hélas pour Chefs, notre Michelin de la série française a le palais exigeant et je connais des intrigues qui risquent de passer à la moulinette avant la fin de cette chronique. Sur cette introduction aux petits oignons : A table !

Résultat de recherche d'images pour "gif kaamelott roi loth"
Dédicace pour la citation de Rousseau...

 



Bon, où en étions-nous ? Ah oui, la recette du Vermeer. Eh bien, je ne la connais plus, donc vous irez lire la chronique précédente. Ça fera des vues à June, elle en sera heureuse. Mais restons dans la recette du coup, puisque je vais vous servir une série culinaire françaaaaïse : Chefs. Oui, Chefs[1]. Veuillez donc m’excuser par avance pour les jeux de mots et autres vannes culinaires qui seront dans cette chronique. Chefs, keskecé ? C’est une série française de 2 saisons (de respectivement 6 et 8 épisodes) avec Clovis Cornillac, Robin Renucci, Anne Charrier, Nicolas Gob, Hugo Becker et Zinedine Soualem[2]. De quoi ça parle ? Du chef qui est une figure de la cuisine française et qui intègre chaque année un délinquant sorti de prison. L’intégration dudit délinquant est difficile, évidemment et l’on entre dans la série en même temps que Romain, dernier arrivé dans la brigade.

Clovis Cornillac joue le chef, alors qu’il hésitait à prendre le rôle au départ, a fini par accepter. On s’attendait à voir un Dr House de la cuisine, râleur mais efficace[3]. C’est ce que l’on a, mais pas seulement. On y trouve des intrigues, des histoires de famille, des complots, et j’oserais presque dire des assassinats professionnels. Bon je m’aventure un peu, mais tout au long des six premiers épisodes de la première saison, on se plaît à suivre les histoires de ce(s) chef(s) qui sont en cuisine et qui par moments nous mettent l’eau à la bouche. Nicolas Gob dans le rôle du second aigri est assez bon, Zinedine Soualem joue parfaitement le chef de salle, tandis qu’Hugo Becker (vu dans Au Service de la France, et même dans Gossip Girl, il jouait le rôle du prince Louis Grimaldi[4], mais aussi dans Baron Noir dont j’ai déjà fait la chronique sur ce blog) n’est pas mal du tout dans le rôle du taulard reconverti en chef cuisinier. M’enfin ces trois-là, je suis amoureux, donc ça compte pas. N’oublions pas Robin Renucci en grand riche enfoiré. Et enfin il y a Anne Charrier que j’ai découverte ici interprète avec brio celle qui doit gérer tout ce petit bazar. Les acteurs sont bons et il faut le souligner car ils ont souvent tendance à surjouer dans une série française.

On s’amuse à se promener dans les cuisines de ce restaurant appelé Le Paris, à savoir quel coup va se produire ensuite et qui va le porter. Chacun avance ses pions sur l’échiquier. Chacun rapproche ses carottes de la marmite jusqu’à ce que ce soit cuit. Et comme c’est dans les meilleurs pots que l’on fait les meilleures confitures, je trouve cette série simple mais bonne. L’univers du Paris et de ses cuisines est passionnant (et il est plus sympa de le voir comme cela, cet univers, que dans un concours sur M6) et on ne suspectait pas qu’il pouvait recouvrir autant d’intrigues.

Il faut toutefois apporter un peu d’amertume à cette série. Parfois, les rebondissements ne sont pas crédibles car ils sont de temps en temps trop tirés par les cheveux[5] (on peut reparler du voleur de truffes quand vous souhaitez !(*)). La volonté d’exporter la série se voit un peu trop, car le cliché parisien est trop présent. Déjà dans le nom du restaurant, des fois qu’on n’ait pas compris où était le restaurant. Ensuite par les pavés, les bords de Seine, Montmartre ou l’accordéon à la musique.

Chefs Bords de Seine
Chefs. Bords de Seine

Il y a par ailleurs de nombreux clichés sur les Français : bons mangeurs mais gourmets, séducteurs mais ne pensant qu’à se taper les filles (y’a d’ailleurs des french kisses à la pelle, ladite pelle étant bien roulée, bien sûr). Enfin on trouve des titis parisiens à la casquette qui marchandent et sont des voyous.

Chefs Montmartre
Chefs. Montmartre

Bref, on n’est pas au stade de SmallvilleLana est accueillie sur des pavés avec des drapeaux à toutes les fenêtres[6], mais la french baguette est partout. Oh yeah. Enfin point de détail, il semblerait que sur les tenues tout ne soit pas respecté. Mais ce dernier point n’est pas le plus important.

Chefs Ouverture Générique
Chefs. Générique ouverture (**)

Tout cela est bien beau et au final, comme dit plus haut on se laisse porter. Jusqu’à ce qu’arrive l’attendue saison 2. Et vient le moment de sortir Jean-Jacques du placard. Non, pas Jean-Jacques Goldman, vu qu’il s’est mis tout seul au placard mais qu’il s’en remet plutôt bien avec des compositions pour les autres. J’en profite pour lui faire un petit coucou parce qu’il sait que je l’apprécie énormément et que j’ai le DVD de sa tournée En passant[7]. Non je parle ici de Jean-Jacques Rousseau, moins fun que le Jean-Jacques précédent mais tout aussi utile à la société française dans le « faites ce que je dis, pas ce que je fais »[8]. Venons-en donc à citer Jean-Jacques Rousseau qui dit donc ceci.

« Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! Il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère, et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux. En effet, l’homme avide et borné, fait pour tout vouloir et peu obtenir, a reçu du ciel une force consolante qui rapproche de lui tout ce qu’il désire, qui le soumet à son imagination, qui le lui rend présent et sensible, qui le lui livre en quelque sorte, et pour lui rendre cette imaginaire propriété plus douce, le modifie au gré de sa passion. Mais tout ce prestige disparaît devant l’objet même ; rien n’embellit plus cet objet aux yeux du possesseur ; on ne se figure point ce qu’on voit ; l’imagination ne pare plus rien de ce qu’on possède, l’illusion cesse où commence la jouissance. Le pays des chimères est en ce monde le seul digne d’être habité, et tel est le néant des choses humaines, qu’hors l’Être existant par lui-même, il n’y a rien de beau que ce qui n’est pas. »[9]

Z’avez compris ? Si oui tant mieux. Sinon, z’avez 4h. En un mot, je l’attendais cette saison 2. Je me la suis figurée, j’ai imaginé les intrigues et j’ai attendu cette saison 2. Peut-être pas autant que le texte de Rousseau, je vous le confesse[10]. Et là, perte de goût. La saison 2 est insipide, sans saveur. C’est aussi plat que l’encéphalogramme de la vieille qu’on vient de débrancher. Résultat : on s’en fout. C’est fort dommage car la compotée de cerise-rhubarbe aurait pu avoir l’air appétissant et un petit début de scénar et d’intrigues aurait pu donner lieu à une bonne saison. Au final, rien : une intrigue foireuse, des personnages beaucoup moins fins que leur cuisine et une confection de plat faite avec les pieds. On a décollé en saison 1 mais on est plus proche d’un crash type Columbia que d’un alunissage au terme d’une mission périlleuse type Apollo 11. C’est triste de voir ça. On abat Stewball alors qu’on aurait pu en faire un grand champion[11]. Tant pis. À noter également que les audiences en deuxième saison se sont effondrées. Pas étonnant vu la purée que l’on nous a servie et l’expédition de la série car France 2 a diffusé 3 épisodes par soirée en fin de 2e saison, et 3 de suite, c’était trop.

En bref, si vous n’avez pas vu la série, arrêtez-vous à la saison 1 : parfois le dessert est la source de notre indigestion, aussi bon soit le plat.

July

[1] Désolé, fallait la faire.

[2] D’ailleurs, June, si tu pouvais faire un Have you met dessus… On l’oublie toujours, Zinedine, alors qu’il fait des trucs super ! / Je note mon lapin, je note. 

[3] http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/article/serie/80985/clovis-cornillac-mon-personnage-sera-le-dr-house-de-la-cuisine-.html, consulté le 4 février 2019.

[4] Oui, j’ai vu Gossip Girl. Mais j’ai déjà dit que j’étais une fille au fond de moi, je crois. En résumé, entre July et moi, on sait qui porte les braies. Mouhahaha

[5] On reparle du trafiquant de truffes quand vous souhaitez !

[6] J’ai déjà dit que j’étais une fille ? Bah du coup, oui, j’ai vu Smallville aussi. En entier. Et j’assume entièrement puisque je l’écris. Et là, j’ai super honte. 

[7] Merci June .

[8] Coucou l’abandon des enfants alors que j’ai dit que fallait bien élever les siens.

[9] Jean-Jacques Rousseau, Julie ou la Nouvelle Héloïse, VI° partie, Lettre VIII, 1761.

[10] Tout comme Jean-Jacques Rousseau, qui a tout confessé, mais de mon côté je ne vais pas en faire 12 livres pour me présenter devant Dieu, faut pas déconner non plus.

[11] Big up Hughes. Ouais j’avais que ça comme métaphore. Si vous ne connaissez pas, faites-vous plaisir, mais pas trop de mouchoirs : https://www.youtube.com/watch?v=GTI-xH8lfAU

(*) Note de June : Mais reparlons-en ! Le voleur de truffes, celui qui est pote avec Louis la Brocante ?

(**)Note de June : Puis-je me permettre de faire remarquer que lorsque Sherlock fait un générique d’ouverture sur Londres, c’est plus classe ? Non ? Bon je sors.

Séries series

juneandcie View All →

“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

4 commentaires Laisser un commentaire

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :