Une saison à la petite boulangerie.

Résumé.

ea381a89919bd8040d0e4e6a7a6f6b12305a91d8Editions Prisma. Parution : mars 2016

Prix : 19.95€ Prix Kindle: 7.99€

Nous voici de retour pour une nouvelle saison à Mount Polbearne. Après ses déboires précédents, Polly coule enfin des jours heureux. Maintenant qu’ils se sont enfin trouvés et retrouvés avec Huckle, le singulier et séduisant apiculteur américain, ils ont décidés de s’établir dans le phare, en compagnie de Neil le macareux domestique, un peu caractériel. La petite boulangerie connaît un franc succès. Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Sauf qu’une sombre nouvelle vient gâcher la fête : Mrs Manse, l’acariâtre propriétaire de la boulangerie, qui avait rendu les armes face au charme de Polly, vient de quitter ce monde. Et lorsqu’elle tombe nez à nez avec le nouveau propriétaire, Polly comprend vite que la partie de plaisir est terminée.Hélas, avec des moyens financiers encore fragiles, un lourd passif bancaire et un phare à rénover, Polly ne peut pas se permettre d’échouer encore une fois…

 Mon avis.

C’était agréable de retrouver l’univers de la petite boulangerie. Polly et son pain aux saveurs généreuses. Huckle, son optimisme, son sourire sexy et sa toison de miel. Neil le macareux et sa petite personnalité atypique.  Un petit monde attachant où il faisait bon se pelotonner près du four à pain par ces températures glaciales.

Alors, certes, on prend peu ou prou la même recette, à deux, trois ingrédients près et on recommence. Tout pourrait aller bien, mais à nouveau le commerce de Polly est menacé. Tout son monde risque de s’écrouler et ses rêves de tomber à l’eau. Seulement, on est dans un roman donc tout est possible. Alors Polly s’accroche avec tout ce qu’elle a, en particulier son pain divin, à damner tous les gourmets… Et le soutien sans faille de HuckleMais qu’il est formidable cet homme-là ! 

Au lieu de vous servir une focaccia aux olives, elle est à la tomate séchée en somme.

Mais pourquoi changer une recette qui fait plaisir aux papilles de tout le monde. Après tout, c’est une suite, rappelons-le. Donc, si comme moi, vous l’avez achetée, c’est que vous espériez y retrouver ce qui vous avait plu dans le premier volet. Sur ce point, vous serez comblés. On y retrouve la petite atmosphère particulière de Mount Polbearne dans ses bons et ses mauvais jours. L’odeur du pain chaud de Polly. Le caractère détestable de la famille Manse, trait visiblement génétiquement transmissible. L’exubérance de Reuben, qui ne perd jamais rien de son bagout ou de son assurance, en toutes situations, même financièrement précaires. Le sympathique, courageux et solidaire groupe de pêcheurs. Tout un petit monde au milieu de nulle part,  dans lequel on repart avec plaisir.

Et puis la tomate séchée de cette focaccia, elle est gorgée de soleil, riche en goût, si vous suivez ma métaphore filée.

La première bouchée est un peu fade, car l’entrée en matière est un peu longue. Jenny Colgan prend le temps de planter le décor et de rappeler les faits pour les non-initiés, ce qui risque d’ennuyer un peu les autres. Mais une fois passé ce cap, le goût éclate en bouche et on plonge paisiblement dans de nouvelles aventures palpitantes et passionnantes.

Enfin paisiblement… Façon de parler.

On se dit que tout de même, cette pauvre Polly devrait se faire exorciser, car ce n’est pas humain de se trimbaler un karma pareil. Cette fois-ci, notre chère héroïne aura à se battre contre vent et marées, au sens propre comme au figuré. Autant vous dire que nous en sommes quittes pour des sueurs froides et des palpitations bien méritées.

Sans compter qu’on a une sérieuse envie dès le départ, d’étrangler le méchant de l’histoire (qui, pour le coup, remplit bien sa mission), tellement il est arrogant, stupide, grossier et insupportable. Le genre de crétin suffisant à qui l’on pourrait donner des claques sans modération.

En parlant de personnages, la veuve de Tarnie, Selina, fait son entrée dans Mount Polbearne. Une nouvelle amitié qui vient nourrir l’histoire et qui n’est pas de tout repos pour Polly et sa conscience.

Le personnage de Kerenza, déjà pas très utile au départ pour moi, est totalement éclipsé par son couple avec Reuben, dont la personnalité est bien plus drôle. Elle m’apparaît comme un personnage outil destiné à faire le lien avec l’ancienne vie de Polly, démontrer qu’elle avait une vie sociale avant d’atterrir dans sa communauté d’exilés insulaires (donc que ce n’est pas une psychopathe malgré ses idées saugrenues, type habiter dans un phare en ruine) et dénouer parfois des parts de l’intrigue. Après, c’est mon ressenti, et à son crédit, elle m’a moins tapé sur le système que dans le premier volet.

Je me suis laissée bercer avec bonheur, lovée sous mon plaid, par cette Saison à la Petite Boulangerie. C’est un feel-good book qui n’a pas d’autre prétention mais qui remplit merveilleusement bien son office. Il alterne avec justesse l’humour et l’émotion, les désillusions, les difficultés et les grands espoirs. On s’y sent bien et on se laisse conduire par le style fluide et agréable de Jenny Colgan.

Le cadre choisi pour l’intrigue apporte une touche dépaysante à ce récit drôle et enlevé. L’auteur s’explique d’ailleurs de ce choix particulier en préambule, délicate attention qui ne fait que conférer au livre une aura sympathique et intime.

A sentir le soleil chauffer les dalles humides du port de Mount Polbearne, les embruns se mêler à l’odeur du pain chaud de Polly, peu importe le froid, la pluie et l’isolement, on aurait presque envie de partir directement faire un tour en Cornouailles pour trouver cette petite boulangerie ou le phare de la boulangère perdu là-bas au bout de la jetée.

Pour retrouver ma chronique du premier volet

 La Petite Boulangerie du Bout du Monde,

c’est par ICI

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