Guardians of the Galaxy Vol. 2

Fiche technique.

 

Sortie : avril 2017

Réal : James Gunn

Casting : Zoé Saldana, Chris Pratt, Vin Diesel, Bradley Cooper, Karen Gillan, Kurt Russell, Dave Bautista, Michael Rooker, Pom Klementieff

Synopsis

Maintenant qu’ils ont gagné leur nom en sauvant Nova et une partie de la Galaxie, les Gardiens de la Galaxie patrouillent à travers l’univers, mettant leurs talents d’équipe au service de justes causes, en échange de récompenses… dans la limite des stocks de légalité disponibles, car ils n’ont pas non plus signé pour devenir des enfants de choeur.

Mais avec les forts caractères et les susceptibilités de chacun, tout cela ne va pas sans mal. Et les egos s’entrechoquent parfois avec fracas et catastrophes. C’est ainsi qu’une des fantaisies de Rocket les conduit à s’écraser in extremis sur une planète, poursuivis par un de leurs récents employeurs au sens de l’humour très limité, les Souverains. Une aide inattendue et providentielle leur a miraculeusement permis de s’en sortir et il s’avère que ce n’est autre que Ego, le père de Peter Quill (Star Lord) qui l’a enfin retrouvé.

Mais ces retrouvailles familiales tant espérées vont avoir une drôle de saveur, sans compter que Les Souverains sont bien décidés à leur faire passer le goût de la plaisanterie…

Mon avis.

Et on repart explorer la galaxie, avec une bande originale toujours bien décalée et une bonne dose d’action.

Je l’attendais ce volet. Je l’attendait comme le cadeau de Noël qu’on a espéré pendant six mois et qu’on veut tellement fort trouver au pied du sapin.

Donc probablement trop. Du coup j’ai senti mon excitation se dégonfler comme une petite bulle de chewing-gum.

Non que ce soit mauvais. On s’amuse bien. Le rythme est globalement soutenu. La bande originale est toujours sympathique, bien que moins ingénieusement utilisée. Il y a des moments géniaux, superbement trouvés. De bons gags. Des surprises savoureuses au casting. Les effets visuels sont optimums.

Mais …

  1. Comme d’habitude, à vouloir vendre, la bande-annonce en dit trop. Et nous spoile une partie des effets comiques.
  2. C’est toujours compliqué de faire une suite quand on a fait quelque chose de très décalé, car l’effet de surprise ne joue plus. Et c’est encore plus périlleux quand il s’agit d’un épisode de transition.

Le premier volet puisait une grande partie de son énergie dans le fait que c’était une histoire d’équipe. On nous racontait d’où venaient ces bras cassés et de quelle façon totalement inattendue, ils allaient former la plus incongrue et hétéroclite des équipes cultes. C’était dense et riche, car il y avait beaucoup à dire, et que les interactions compliquées entre les personnages ainsi que leurs histoires respectives faisaient une grande part de choses.

Ici, si vous ne l’avez pas encore deviné, le scénario se centre sur l’histoire familiale de Peter Quill, tout en explorant de façon auxiliaire, un peu superficielle et artificielle d’autres arcs narratifs, relatifs aux différents personnages. Cette nouvelle trame narrative permet d’introduire ou de ramener d’autres personnages clés comme Yondu (qui est incontestablement l’un des personnages clés de ce volet), Nebula ou encore Stakar Ogord. Ça sent donc les grandes retrouvailles de famille (adoptive ou non) et le relationnel orageux. Question ambiance vous allez être aussi servi que chez votre grande-tante pendant les fêtes de fin d’année. Ça clashs, ça fuse, ça gueule, ça se tape dessus, les assiettes volent et les vaisseaux spatiaux se crashent. Une trame de fond qui aurait pu finalement faire la force du film, mais en bon blockbuster du Marvel Cinematic Universe, le scénario souffre de quelques fissures trop habituelles dans le béton :

  • Le méchant n’est pas si mal, il a une histoire, un fond. Même si on ne comprend pas sa motivation à dominer l’univers… On va dire que c’est un postulat de base chez les méchants, c’est inclus dans les CGVM (Conditions Générales de Vente de Méchant). Mais c’est tellement téléphoné que c’est lui le méchant, depuis le début. C’est limite blasant. Et puis ses réactions, une fois qu’il s’est dévoilé, sont caricaturales et sans nuances.
  • A force de tricoter du drame familial et des complications relationnelles, on flirte d’un peu trop près avec le pathos qui avait été si brillamment évité dans le premier volet. Je ne sais pas si c’est la traduction française qui en remet une couche, mais le grand moment de connivence Yondu/ Rocket il ne m’a pas touchée deux minutes. Même pas effleurée… Non que l’idée fusse mauvaise, au contraire ! Mais bon sang ce dialogue tombe tellement dans la caricature que j’aurais pu l’écrire, les yeux fermés avec n’importe quels autres personnages. Je l’avoue, j’ai eu quelques (rares ! Heureusement !) moments comme celui-ci qui m’ont fait froncé le nez en allumant le panneau : Too much !
  • A force d’aller de ci, de là, de chercher à tirer des fils qui ne donneront pas grand chose dans le tricot final, on a des moments de mou qui cassent le rythme et c’est dommage, même si ce n’est pas le plus gros défaut.

Globalement, le résultat final reste un bon divertissement (merci notamment à Groot, Drax et Mantis), mais qui n’a pas le feu sacré ou la fraîcheur du premier. A force de faire du « trop attendu », à vouloir trop baliser la lecture du film au lieu de laisser parler la subtilité dans l’émotion ou l’humour, cet opus perd le piquant qui avait fait sa force. Manque de matière ? Problème de transition pour amener les personnages vers la suite de l’histoire qui les attend ? Réponse au volet suivant qui est déjà annoncé. Mais ce Star-Lord-ci, sans être une catastrophe, m’a laissé un goût fade dans la bouche…