Have you met Paddy Considine ?

Non ce n’est pas le nom d’un gâteau semblable au pudding.

Ni une sorte de ragoût irlandais.

Ce n’est pas non plus  le cousin au troisième degré de Paddington.

En revanche, c’est bien d’origine britannique contrôlée. Mais si le nom a un goût de sucre glace, cela ne se mange pas.

Alors have you met Paddy Considine ?

Fiche signalétique.

Paddy Considine

 

Nom complet : Patrick George Considine dit Paddy Considine

Profession : Acteur, réalisateur, scénariste, musicien.

Né le : 5 septembre 1973.

Signes distinctifs : inclassable mais brillant !

.

Paddy Considine en films et en série.

Son nom ne vous dit probablement rien, sauf si vous êtes un inconditionnel du cinéma britannique, pourtant vous avez déjà croisé son visage aux côté de Russell CroweNick Frost, Simon Pegg, Bill Nighy, Andrew Scott, Olivia Colman, Matt Damon ou Jason Statham

D’abord cantonné à des rôles sombres ou troubles comme dans Dead Man’s Shoes (2004), on le voit passer dans le registre de la comédie avec la trilogie du trio Wright/Frost/Pegg (2007). L’acteur flirte avec les grosses productions  (De l’ombre à la Lumière2005/ The Bourne Ultimatum, 2007) comme les plus modestes (Pride 2014), mais au départ, il ne parvient pas réellement à trouver ses marques et, extrêmement critique envers lui-même, se trouve irrégulier dans ses performances. Pourtant capable de prestations impressionnantes saluées par la critique, l’acteur se cherche, peu à l’aise en plateau. Il ne semble pas convaincu d’être fait pour jouer et a l’impression de rater quelque chose. Ses rapports avec la presse sont aussi compliqués, son malaise le suit et l’image rébarbative de l’homme en colère de ses personnages lui colle à la peau.

When I started off acting, I was always portrayed as being angry and I wasn’t angry,” says Considine. “I was just ill, in a way. I wasn’t diagnosed with this [Irlen Syndrome], I didn’t know what was going on. I was becoming more detached. But I always knew I wasn’t that dark guy they were talking about. I had the potential in me, of course, but I wasn’t educated about who I was and what I was feeling. Without being too bullshitty, you grow. I’m a 40-year-old man now.”

Source Interview The Guardian. sept 2014

Pourtant, il ne désarme pas et en parallèle des tournages il écrit et réalise avec succès. Son court-métrage Dog altogether (2007) remporte le Lion d’Argent à Venise, le BAFTA du Meilleur court-métrage et un prix au Festival du Film International de Seattle dans la catégorie court-métrages. Cela signe le début d’une consécration méritée et une lumière dans le tunnel pour Paddy Considine. En 2014, on lui diagnostique un syndrome d’Irlen (trouble de la perception visuelle, en lien avec l’autisme, qui induit une difficulté à traiter la lumière) qui vient s’ajouter à un premier diagnostic de Syndrome d’Asperger en 2011. Presque un soulagement pour l’acteur, si l’on en croit ses propos ci-dessus, qui peut enfin mettre un traitement et un nom sur ses difficultés.

Après une période difficile d’un point de vue  personnel, il fait un retour remarqué dans The World’s End (Le Dernier Pub avant la fin du monde/ 2013) et Pride (2014). Il continue d’enchaîner les projets, autant en tant qu’acteur, que scénariste ou réalisateur et apparaît en 2016 dans la très remarquée série Peaky Blinders aux côtés de Cillian Murphy, où il incarne le père John Hughes. 

Paddy Considine fait partie de ses acteurs que j’aimerais voir plus souvent. Quand je lis ses interviews, je ne peux m’empêcher d’être surprise par son jugement sévère sur son jeu d’acteur. Derrière ce regard franc, je n’avais su discerner tant de doutes, de remises en questions. Derrière cet acteur incroyablement doué pour jouer de la comédie comme de l’émotion, je n’avais vu le parcours pas toujours évident. Et s’il fallait une preuve que le syndrome d’Asperger ou certains syndromes dérivant du spectre autistique peuvent être une différence invisible, même pour celui qui les vit, Paddy Considine en est une éclatante. Quelle revanche d’ailleurs sur lui-même que la carrière de cet acteur qui continue patiemment de se faire un nom.

Je l’ai découvert tardivement il est vrai. Ou peut-être n’avais-je pas su le voir avant. Mais c’est un acteur qui, même en second rôle, m’a finalement sauté aux yeux. Il y avait une évidence dans le regard de cet homme-là, celle d’une vocation. Certes, ainsi qu’il le confesse dans cette interview au Guardian, il a dû apprendre à jouer et surtout apprivoiser le bonheur de jouer.

“At times I didn’t want to do it,” admits Considine. “In interviews from four or five years ago, I looked like a guy who wanted to see the exit with regards to acting. It was something I had to learn to love and appreciate because it was giving me so much. It’s very easy to run and hide, but there’s some part of me that won’t do that. Part of me said, ‘I’m not going to drown here. I’m going to swim.’ And that’s how it’s been. I don’t really know how to drown.”

Source Interview The Guardian. sept 2014

Mais il est certain à mes yeux que Paddy Considine était fait pour le cinéma et qu’il a fait la preuve de ses compétences et de son talent, en dépit de tout. Dans le rire ou dans la tragédie, qu’il révèle sa tendresse, sa vulnérabilité ou fasse ressortir le plus sombre, il y a quelque chose de profondément humain et de puissant dans le jeu de Paddy Considine. Quelque chose qui fait mouche indubitablement. Un acteur sans compromis et sincère, apprécié de ses partenaires à l’écran avec qui il crée une atmosphère de confiance (voir article), qui ne cesse d’aller chercher toujours mieux, toujours plus loin, se donnant tout entier. Même en arrière-plan, son personnage est présent jusqu’au bout des ongles.

« Everyone who works with him agrees on one thing: on screen or off, Considine is a straight shooter. »

Article, The Guardian, mai 2017

C’est cet acteur touche-à-tout, artiste dans l’âme, écorché et fort à la fois que j’avais envie de vous présenter. J’espère qu’il continuera de briller et de démontrer quel interprète formidable il est, pour qu’un jour on n’ait plus à présenter le nom de Paddy Considine. C’est la revanche que mérite tout autant le talent de cet homme fier d’être un artiste, que tout ce qu’il aura traversé pour trouver sa place dans le cinéma et se trouver lui-même.

I learned to be an artist in Brighton,” he says. “That’s where I finally understood these feelings and emotions going round my head. I’m one of the few people who is proud to say they are an artist. People are embarrassed of it, or it’s a naff thing to describe yourself as, but if I didn’t have acting, directing, music, then I’d struggle. If I didn’t have an outlet, I’d be in trouble.

Source Interview The Guardian. sept 2014

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