Le Paris des merveilles : trilogie

Résumé

Le cycle Ambremer, renommé le Paris des Merveilles, est une trilogie de fantasy écrite par Pierre Pevel. Cette uchronie (reconstruction fictive de l’histoire à partir d’un point historique) aux accents steampunk part du principe qu’il existe des passages entre notre réalité et l’Outre-Monde, monde magique peuplé de fées, de chats ailés, de dragons.

En ce début de XXème siècle, dans le Paris où se font voir les progrès de la modernité, cohabitent désormais humains et multitudes de créatures magiques étonnantes.

Divisée en trois tomes, ce cycle regroupe :

Les Enchantements d’Ambremer (t.1). Parution 2003 – Nouvelle édition 2015

« Paris, au début du XXe  siècle.
 
Les messieurs ont de fières moustaches, des chapeaux melons ; les dames portent des corsets, des jupons, des bottines à boutons. Déjà, de rutilants tacots pétardent parmi les fiacres le long des Grands Boulevards aux immeubles haussmanniens. Mais ce n’est pas le Paris de la Belle Époque tel que nous l’entendons : la tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes ont investi la Seine, les farfadets, le bois de Vincennes, des chats-ailés discutent philosophie et une ligne de métro permet de rejoindre le pays des fées.
 
Occupé à enquêter sur un trafic d’objets enchantés, Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, se retrouve mêlé à une série de meurtres. Confronté à des gargouilles immortelles et à un puissant sorcier, Griffont n’a d’autre choix que de s’associer à Isabel de Saint-Gil, une fée renégate que le mage ne connaît que trop bien…
 
Bienvenue dans le Paris des Merveilles. »

L’Elixir d’Oubli (t.2) Parution 2004 – Nouvelle édition 2015

« Louis Denizart Hippolyte Griffont, membre 
reconnu d’un club de gentlemen magiciens, est sur une nouvelle affaire de meurtre. La victime est un antiquaire apparemment sans histoires, mais l’enquête du mage le conduit à un nom que beaucoup redoutent : Giacomo Nero. Cet ambitieux mage noir pourrait bien être mêlé à une intrigue trouvant ses origines à l’époque de la Régence. En ce temps-là, Griffont était le chevalier de Castelgriffe. Érudit désinvolte et mage libertin, il s’apprêtait à affronter une société secrète et, ce faisant, collaborait pour la première fois avec une certaine baronne de Saint-Gil. Cependant, révéler aujourd’hui les secrets du siècle passé pourrait bien éveiller un confit s’étendant jusqu’à l’OutreMonde… »

Le Royaume immobile (t.3) Parution 2015

 » Alors que tous ne songent qu’aux prochaines élections du Parlement des Fées, Griffont doit aider un ami soupçonné du meurtre d’un mage du Cercle Incarnat. De son côté, Isabel se trouve aux prises avec de dangereux anarchistes venus de l’OutreMonde et bien décidés à ensanglanter Paris pour se faire entendre. Mais bientôt Griffont et Isabel découvriront que ces deux affaires sont liées, et lèveront alors le voile sur un secret ancien susceptible d’ébranler le trône d’Ambremer. »

A travers ces différents volumes, on suit les troubles qui agitent l’Outre-Monde et les aventures de Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage de son état et membre du Cercle Cyan et de son aventurière compagne Isabel de Saint-Gil, connue aussi sous le nom d’Aurélia (le lecteur aura l’occasion de comprendre pourquoi …)

Au programme, meurtres, disparitions, enchantements divers, magie parfois explosive, folles poursuites et créatures insolites, voire inquiétantes. Comme dirait l’auteur  : Bienvenue dans le Paris des Merveilles…

Mon avis : Tombée sous le charme

Catapulté au coeur de l’action dès les premières lignes, il faudra quelques pages (mais pas trop !) au lecteur pour retrouver son souffle et prendre ses marques. Heureusement, Pierre Pevel écrit fort bien et peut se permettre sans risque ce genre d’entrée en matière fracassante, sans pour autant rebuter son lecteur. Et on a tôt fait d’accrocher et de se demander dans quel monde nous avons atterri et où va nous mener cette histoire.

Eh bien sachez-le d’emblée, elle vous entraîner jusqu’au bout de 1152 pages (le compte est bon) de folles péripéties et de rebondissements fantastiques. Car une fois commencée, cette trilogie ne se laisse pas lâcher et on passe d’un tome à l’autre avec avidité.

A l’instar d’un Tolkien ou d’un Gemmell, Pierre Pevel nous ouvre les portes d’un univers soigneusement architecturé, à l’histoire très riche et fascinant à explorer. Chaque détail de l’univers, chaque élément du récit a été pensé pour cela paraisse logique et que l’arc narratif s’articule parfaitement. Ainsi le dernier tome, écrit pourtant onze ans après le premier, ne souffre d’aucun décalage et semble avoir été rédigé à la suite. Au détour de chaque aventure c’est l’Outre-Monde et sa fantastique histoire qui se dévoilent un peu plus à nos yeux de simples mortels.

Difficile de résister à ce monde fantastique et à ces aventures palpitantes que Pierre Pevel nous conte avec beaucoup d’humour, n’hésitant pas à s’accaparer quelque monument (coucou la Tour Eiffel),  quelque personnage historique (coucou Georges Méliès) ou fictif (coucou Arsène Lupin) pour en faire un protagoniste ou un effet de l’Outre-Monde.

Le moins que l’on puisse dire est que l’auteur a l’esprit aussi fin que sa plume et que c’est une façon intelligente de conjuguer contexte historique et fantasy. Les progrès techniques et technologiques de ce début de XXème sont tellement plus poétiques quand ils sont teintés de magie !

La plume vive et fluide, la verve malicieuse, la péripétie au coin de la page, Pierre Pevel construit une agréable connivence avec son lecteur, l’interpellant directement à l’occasion avec humour, se moquant parfois de lui-même. De fait, on se sent à l’aise au coeur de ces pages, comme en compagnie d’amis.

D’ailleurs on s’attache très vite à ses personnages, au caractère pas toujours facile et à la tête dure. D’un petit personnage aux allures de Bilbo, au fil des descriptions notre mage Griffont, en dépit de son âge canonique, a pris l’allure dans mon esprit d’un Richard Gere aux yeux bleus, aussi attaché à son confort qu’aventureux. Comment ne pas être séduit.e. par un personnage aussi insolite ? Et dans la galerie des portraits, bien d’autres vous attendent, non moins hauts en couleurs. A commencer par l’intrépide Isabel de Saint-Gil, son aura irrésistible et son fichu caractère.

Pour qui aime le mystère et la fantasy. Pour qui aime se laisser prendre dans un tourbillon de rebondissements et de surprises. Pour qui a envie de se dépayser, de s’échapper le temps d’une lecture. Cette trilogie est idéale. Un vrai bonheur, purement et simplement.

Et les somptueuses couvertures imaginées pour Bragelonne pour les rééditions lui rendent bien hommage.

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Nota  : Si le lecteur attentif et fidèle pourra constater quelques redites occasionnelles entre les tomes, n’y voyez pas là une redondance. Il est évident que l’auteur a consciencieusement prévu qu’on puisse les lire indépendamment les uns des autres. Aussi prenant soin de son lecteur, il veille à redonner/repréciser quelques éléments clés pour tout comprendre. Attention que l’on ne pourra qu’apprécier.