Have you met … De Niro ?

Ce n’est pas un prénom.

C’est un nom. Un qui claque. Comme une lettre de noblesse cinématographique.

C’est un fichu caractère aussi. Et sans aucun doute l’un des acteurs américains les plus iconiques de sa génération.
Souvent comparé à Al Pacino dont il semble le pendant, l’acteur partage également ses racines italiennes avec le réalisateur Martin Scorcese. Faut-il voir là l’explication de son tempérament passionné et parfois tempétueux ? Qui pourrait le dire ?
Et finalement peu importe.  Car ce qui compte c’est que de Ragging Bull (Oscar du Meilleur Acteur) à l’Eveil, en passant par tant et tant d’autres films incroyables, De Niro a définitivement marqué l’histoire du cinéma et surtout nos imaginaires.

So, ladies and gentlemen…

Have you met Robert de Niro ?



Fiche signalétique

Nom complet : Robert Anthony de Niro jr.

Date de naissance : 17 août 1943

Nationalité : Américain/ italien (double nationalité depuis 2006)

Profession : Acteur, réalisateur, producteur

Signes distinctifs : Un bagout incroyable. Acteur de génie. Mieux vaut éviter qu’il ne croise Trump dans une ruelle sombre.

Les années 80 et la gloire : Are you talking to me ?

De Niro commence tôt, très tôt sa carrière d’acteur. A 16 ans il abandonne l’école et il n’est même pas officiellement majeur lorsqu’il est remarqué par Brian de Palma lors d’un casting ouvert.

Ses premiers pas à l’écran dans les années 60-70, le jeune de Niro va les faire entre de Palma, Scorcese et Marcel Carné. C’est peu dire ! Des débuts peu connus mais déjà prometteurs qui le mènent vers la gloire, puisque qu’en 1973 il reçoit l’Oscar du Meilleur Acteur dans un second rôle pour sa prestation de Vitto Corleone, dans le Parrain 2 de Francis Ford Coppola. Une révélation pour le grand public et un chemin  tout tracé vers les étoiles d’Hollywood pour un de Niro qui ne cessera plus jamais son ascension.

Les années 80 et 90 sont en effet riches et fructueuses pour l’acteur qui trouve des rôles à sa mesure. Il s’illustre, entre autres, dans :

  • Taxi Driver (1976),
  • Ragging Bull (1980),
  • Il était une fois en Amérique (1985),
  • Mission (1986, Palme d’Or à Cannes),
  • Les Incorruptibles (1987),
  • Les Affranchis (1990)
  • Les Nerfs à vif (1991)
  • L’Eveil/ Awakenings (1991)
  • Il était une fois le Bronx (1993) où il est réalisateur.
  • Blessures Secrètes (1994)
  • Casino (1995)
  • Le Fan (1996)
  • Jackie Brown (1996)
  • Des Hommes d’influence (1997)

Il tourne avec Scorcese, Sergio Leone, Terry Gilliam, De Palma, et a pour partenaires à l’écran le jeune Kevin Costner Jeremy Irons, Ray Liotta, Joe Pesci, Nick Nolte, Jessica LangeRobin Williams, Meryl Streep, Dustin Hoffman et même le tout jeune Leonardo di Caprio avec qui il partagera plus tard son réalisateur fétiche.

En somme, de Niro se taille la part du lion et trace là les plus belles années de sa carrière. Il démontre aussi son immense talent passant du drame très sombre à la fresque historique en passant par la comédie noire. Du salaud à la victime, du névrotique au  gangster, il sait tout jouer avec une crédibilité qui scotche le public.
La critique non plus ne s’y trompe pas d’ailleurs. De Niro en chiffres c’est :

  • 54 années de carrière pour 127 films,
  • 35 nominations pour 6 récompenses dont 2 Oscars, 2 Golden Globes et un Lion d’Or.

Merci messieurs, dames !

De toute façon, comment nier ?  La liste non exhaustive ci-dessus est à elle-seule une preuve à charge que de Niro dans le cinéma c’est un poids lourd, pas Joe le Rigolo. Il n’est pas là pour enfiler des perles. Il tente, expérimente, se risque à la comédie, même à la science fiction, touche à la réalisation. On dit de lui qu’il est perfectionniste, qu’il prépare longuement ses rôles, a une conscience aiguë de la psychologie de ses personnages. On lui demande de jouer un mineur sidérurgiste (Voyage au Bout de l’enfer, 1978), un chauffeur de taxi de nuit (Taxi Driver), de prendre du poids et boxer pour Ragging Bull, de dire la messe en latin, de jouer du saxophone (New York, New York 1977) ? Aucun souci. Il va conduire la nuit, vivre aux côtés de mineurs, apprendre à jouer du saxophone, la boxe et le latin.  Et avec ça le talent, un café et des nominations !

Pourtant, les années 2000 lui font connaître une petite baisse de régime. Même s’il réussit à s’illustrer encore dans quelques films, il encaisse une série d’échecs commerciaux et/ou critiques qui lui font prendre un certain recul.

Certains voient son grand retour et la fin de son passage à vide dans Happiness Therapy en 2012, qui lui vaut une nomination à l’Oscar. Sans doute avec raison.

Cependant, c’est un tout autre film qui l’incarne à mes yeux : The Intern ou Le Stagiaire en V.O, sorti en 2015. Une comédie au scénario pas excessivement original qui aurait pu se révéler fade. Mais où, contre tout attente, de Niro parvient à relever l’ensemble par son interprétation. Dans la peau ce veuf de 70 ans prêt à retourner en stage pour retrouver un sens à sa vie, il surprend. Émouvant mais sobre, sans sensiblerie, il se révèle d’une grande justesse, poussant d’ailleurs du même coup sa partenaire de jeu, Anne Hathaway à ne pas tomber dans la facilité. Le film est au final plaisant et agréable, servant bien son sujet en toute légèreté. Une preuve à mon sens du talent de monsieur de Niro.

Il tourne également en 2014 dans Malavita, l’adaptation du roman de Tonino Benacquista, produite par Martin Scorcese et réalisée par Luc Besson (chronique livre et film à retrouver ici) Un rôle de repenti de la Mafia rongé par l’ennui, qui lui va comme un gant et qui a comme un arrière goût de Mafia Blues dans l’idée.
Hélas, si elle réunit un casting de choix dans le contexte (de Niro, Pfeiffer, Tommy Lee Jones), l’adaptation perd la saveur de l’écrit, en dépit de l’étonnante application de Besson à respecter les références du livre. Oui Luc Besson résiste à son toc de tout faire péter dans tous les sens et même si le film aurait pu mieux faire dans l’ensemble, c’est à porter à son crédit. Ceci dit c’est peut-être ça qui a été le souci du film : le public venait voir un Besson.

2019 était une année que j’attendais particulièrement dans la filmographie de de Niro, puisqu’elle devrait être marquée par la sortie de The Irishman. Un film sur la vie de Frank Sheeran (qui ne faisait pas de chanson visiblement) syndicaliste américain des conducteurs routiers Teamster, accusé de liens avec la Mafia et soupçonné d’être devenu tueur à gage.
Confirmé pour le rôle titre, de Niro y retrouve à la fois Joe Pesci, Al Pacino et Leonardo Di Caprio, mais aussi son complice de toujours, porteur du projet, Martin Scorcese. Malheureusement le film ne devrait sortir que sur Netflix. Avis aux abonnés.

De Niro et Scorcese : le tango cinéphile

De Niro et Scorcese c’est une longue histoire d’amitié cinéphile, où l’on se comprend à demi-mot, si on croit le réalisateur. Si ce dernier a su forger pour de Niro ses rôles les plus iconiques, c’est que ces deux-là se comprennent bien. Ils viennent du même milieu, partagent les mêmes origines et ont vu évoluer l’Amérique avec le même regard.

Alors forcément cette complicité-là a produit des pépites. A eux deux, ils ont donné au cinéma américain des années 70, 80 et 90 certaines de ces plus belles heures :

  • Taxi Driver (1976),
  • Raging Bull (1980),
  • Les Affranchis (1990),
  • Les Nerfs à vif ( 1991),
  • Casino (1995)

Parler de l’un sans parler de l’autre, c’est impossible. Avant même Le Parrain 2 et Coppola, c’est Scorcese qui saura mettre le potentiel de l’acteur en lumière avec Mean Streets (1973). Si Scorcese est un réalisateur qui a ses fidélités, il n’y a qu’un seul autre acteur dont il aura su faire exploser le potentiel de cette façon et c’est Di Caprio.

En attendant de Niro/ Scorcese c’est un tandem emblématique du cinéma. Deux étoiles qui font des étincelles.

Monsieur de Niro

De Niro c’est un acteur et un caractère. Il ne mâche pas ses mots et gare à celui (dont on ne doit pas prononcer le nom) qui se trouverait sur son chemin. J’avoue que je l’aime aussi pour ça, même si ses certains de ses coups de gueule peuvent être discutables. Il a un sens de l’honneur à l’ancienne, à l’instar de certains de ses personnages. Sans oublier l’intelligence d’un certain regard et une grande humanité. Du moins, à mon sens. On n’a pas partagé un café.

Mais c’est avant tout un monument du cinéma. Un talent immense. Un travail d’acteur parfois forcené qui rappelle cette phrase d’un roman de Pennac :  » L’imagination ce n’est pas le mensonge. » De Niro imagine ses personnages, les construit à partir du scénario, mais ce qui fait toute sa force d’interprétation, c’est qu’il ne ment pas. Il les crédibilise. Leur donne une consistance. Il les rend toujours vrais.

C’est ce qui fait de lui un grand acteur. Indubitablement.

En dépit de ses erreurs de parcours, jamais il ne perd son aura. Car il a la confiance et le respect de ses pairs comme du public. On sait qu’un jour ou l’autre, quoiqu’il arrive, il nous en mettra à nouveau plein la vue. Peut-être quand on ne s’y attendra pas.

Une étoile comme ça, ça s’éteint un jour, fatalité de l’existence, mais jamais ça ne s’arrête de briller.

En attendant, monsieur de Niro, surtout continuez de nous étonner….

Avec tout mon respect.

Sources

Have you met...

juneandcie View All →

“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

7 commentaires Laisser un commentaire

  1. J’ai beau partager ton admiration de ce grand monsieur du cinéma, qui a toujours fait partie intégrante du cinéma à mes yeux (je regardais déjà ses films toute petite avec mon papa, après tout^^), je me rends compte que je n’ai pas vu (ou trop jeune pour vraiment m’en souvenir) beaucoup de ses plus gros films, légendes du cinéma. Je compte bien rattraper ça ! Tu m’as aussi donné envie d’aller voir The Intern, moi qui n’ai pas été folle de Happiness Therapy, et d’attendre avec impatience The Irishman. Que de bons films pour 2019 !

    Aimé par 1 personne

  2. Je crois que je n’ai vu De Niro que dans deux films, Happiness Therapy et the Intern qui m’avait un peu embêté dans la lecture que j’en avais eu :/
    J’ai jamais pris le temps de regarder ses autres films (même si je sais qu’il est magistral dedans), principalement parce que je suis pas fan des films tournant autour de la mafia et boooon… Disons qu’il en a fait un ou deux ^^
    Bravo pour ton boulot pour cet article !

    Aimé par 1 personne

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