Lady Helen. (t.1 & 2)

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Résumé.

Lady Helen. (t.1) Le Club des Mauvais Jours.

Editions Gallimard Jeunesse. Parution : août 2016 Prix : 19.50€ 

Londres, avril 1812. Lady Helen Wrexhall s’apprête à faire son entrée dans le monde. Bientôt, elle sera prise dans le tourbillon des bals avec l’espoir de faire un beau mariage. Mais d’étranges faits surviennent qui la plongent soudain dans les ombres de la Régence : une bonne de la maison disparaît, des meurtres sanglants sont commis et Helen fait la connaissance de lord Carlston, un homme à la réputation sulfureuse. Il appartient au Club des mauvais jours, une police secrète chargée de combattre des démons qui ont infiltré toutes les couches de la société. Lady Helen est dotée d’étranges pouvoirs mais acceptera-t-elle de renoncer à une vie faite de privilèges et d’insouciance pour basculer dans un monde terrifiant ?

A66348_lady_Helen_T2_couv.inddLady Helen, (t.2)  Le pacte des Mauvais Jours.

Editions Gallimard Jeunesse. Parution : août 2017  Prix : 19.50€ 

Brighton, été 1812…
Chassée par son oncle, lady Helen a trouvé refuge dans la station balnéaire à la mode. Déguisée en homme, elle s’entraîne avec lord Carlson à développer ses étranges pouvoirs. Lorsqu’au cours d’une soirée mondaine elle croise le duc de Selburn, Helen se retrouve au cœur de la rivalité entre les deux hommes. Mais ses propres sentiments ne pèsent guère au regard des intérêts du Club des mauvais jours. L’un de ses membres éminents est venu lui confier une mission très délicate…

Entre romance à la Jane Austen et Fantasy noire… un deuxième tome plein de suspense et de passion.

Mon avis : Où est le tome 3 ?

« Entre romance à la Jane Austen et Fantasy noire ». Eh bien tout est dit. Je pense que d’entrée de jeu, vous savez pourquoi je me suis régalée.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, sachez que tout est de la faute du Brocoli de Merlin ! Et d‘Isa un peu aussi. A force de me l’agiter sous le nez en clamant que c’était formidable, j’y suis allée, tête baissée, avec une confiance aveugle. Et pan ! 32 heures, douze minutes et 33 secondes plus tard : Comment ça le tome 3  n’est pas sorti !

Vous l’aurez deviné, ça se dévore comme de la brioche au petit déjeuner le dimanche matin après une grasse mat’. Mais qui a classé ça en jeunesse ? Qu’il se dénonce ! Si ça c’est du jeunesse, je rends ma carte adulte, laissez-moi dans ce rayon. Entre Lady Helen, La passe Miroir et La Fille du Futur, je serais très bien. Car, sans rire, je viens de lire de l’adulte, pas fantasy, qui était carrément moins bon (je ne dénoncerais personne mais les chroniques sont ici et )

Or donc, revenons-en à notre milady. Je vous avoue qu’au départ, j’hésitais entre le sourire et l’agacement car la donzelle a les problèmes privilégiées et superficiels d’une demoiselle de son rang, à savoir : que porter et avec qui danser au prochain bal, ne pas se trouver dans une position compromettante (donc à moins de 2.5 m d’un homme), trouver le mari idéal avec rang social assorti en trois bals, 2 danses et quelques verres de punch (toujours en restant à 2.5 m de distance), supporter son corset, marcher à une allure convenable, se taire et ne pas se vautrer en faisant sa révérence devant Sa Majesté la Reine. Le dernier point étant probablement celui qui aurait posé le plus de problème dans mon cas…

Les histoires de chiffons ça m’intéresse moyennement mais Alison Goodman joue bien son coup, car en nous immergeant dans les codes et convenances de la bonne société de la Régence (1812), elle nous permet par contraste avec le reste des événements, de comprendre le dilemme auquel va faire face notre héroïne. Dans le tourbillon des événements qui vont suivre, deux voies vont s’ouvrir à elle, soit rester dans ce confortable (bien qu’ennuyeux) cocon d’une femme fortunée de son rang, soit répondre à l’appel du Club des Mauvais Jours et du ténébreux Lord Carlson  et aller maraver de l’Abuseur. C’est un peu comme si on avait demandé à Elisabeth Bennet si elle préférait épouser Lord Darcy ou dézinguer du vampire en sa compagnie.

De fait, Lady Helen se trouve toujours plus ou moins prise entre les manières et occupations et obligations incombant à une femme de son temps et de son rang et les nouveaux impératifs auxquels elle fait face. L’infiltration dans une maison de passe est notamment un moment des plus savoureux, car je ne vous cache pas qu’en jeune femme bien éduquée de l’époque c’est une grosse oie blanche en matière de relations intimes et d’anatomie. On est encore à l’époque où le fait de s’effleurer le petit doigt c’est torride. On a donc quelques moments hilarants où se télescopent l’imminence d’un danger/d’une situation et certaines convenances. Je n’en dirais pas plus, histoire de ne pas vous spoiler la saveur de ces moments.

En parlant de maraver de l’Abuseur, je ne vous expliquerais rien sur les Abuseurs et autres singularités, car Alison Goodman vous a mijoté un univers de fantasy noire aux petits oignons, accroches-toi ma biquette ! Où évidemment une partie du bonheur réside dans la découverte. Avec intelligence, elle mêle faits, contexte et personnages historiques réels à un univers fictionnel très riche, très construit et très complexe dans lequel on prend un plaisir sans fin à se plonger au fil des péripéties. A l’instar de Lady Helen, on a envie de savoir, envie de comprendre et il fait bon s’immerger dans tout ça, même si le danger rôde et qu’il faut patauger dans la boue peu ragoûtante des bas-fonds de Londres.

Savamment architecturé, que ce soit au tome 1 ou au tome 2, le roman ne manque pas de retournements de situations et de surprises. Révélations, doutes, trahisons, bastons et quelques mondanités pour aérer le tout. Ce n’est d’ailleurs pas toujours facile de se battre en robe de bal avec son réticule (*) ou son éventail à la main. Pourtant notre héroïne a un petit côté badass qui se révèle au fil de son évolution, même si elle ne manque pas de doutes bien légitimes sur l’aspect moral ses actions. Car attention, rien n’est vraiment ni tout blanc, ni tout noir dans cette histoire et on ne manque pas d’hésiter sur les personnages à qui faire confiance ou non et sur les motivations de chacun. Que ce soit dit, Lady Helen  n’est pas sortie des ronces.

Sans compter qu’elle se coltine en arrière-plan son tuteur d’oncle aussi sympathique et affectueux qu’un Inquisiteur pendant une guerre de religion, une tante bien mignonne mais qui ne voit pas plus loin que son rang de perle, et un frère qu’on a parfois très envie d’étrangler. Inutile de vous dire que ça fait désordre quand on la trouve en pleine baston dans sa chambre… Ajoutez à cela son  mentor Lord Carlson qui lui en balance de belles dans les dents et manque de tourner la carte au tome  2. Et puis de la magie noire, des forces incontrôlable, un possible grand méchant, des artefacts ensorcelés ! Je vous l’avais dit qu’on rigolait bien dans cette histoire.  Mais chuuuut !

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On pourrait craindre qu’il y ait ce que je nomme un « Paper Magician Effect  » c’est-à-dire un premier tome excellent et un soufflé qui se dégonfle au second. Je vous rassure, je suis passée du premier au second avec avidité et sans reprendre mon souffle. Le troisième serait sorti, que je crois bien qu’à cette heure, il serait déjà dévoré. Je ne sais pas où nous emmène Alison Goodman mais elle a clairement bien prévu sa petite affaire pour nous mener par le bout du nez.

En clair et en bref, cette saga (trilogie ?) possède de nombreux éléments pour faire selon moi le bonheur d’un lecteur :

  • Des personnages construits qui se révèlent et évoluent au fil de l’histoire. En particulier une héroïne qui a deux sous de jugeote et qui sait se secouer la crinoline, sans jérémiades, n’hésitant pas à mener la danse sans demander la permission à ces messieurs.
  • Une intrigue solide, originale, riche en rebondissements, péripéties, révélations avec un suspens haletant.
  • Un univers singulier, bien pensé, complexe et nourri pour son aspect historique et social par de nombreuses recherches. Ce qui lui confère un charme supplémentaire.
  • Un ton enlevé, dynamique et humoristique, avec une finesse à la Jane Austen qui n’est pas pour déplaire.

Et ça, mes p’tits lapins en sucre

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Source

S’il fallait d’autres arguments pour vous convaincre, je vous renvoie à :

 

(*) Réticule : Petite pochette généralement en soie ancêtre du sac à main, munie d’un cordon ou d’une chaîne pouvant se porter à la main  ou à la ceinture.