The Red-Headed League : Holmes is on fire !

Résumé.

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Editions collector Barnes and Noble

Format : Nouvelle. Parution : août 1891 dans le Strand Magazine.

Alors que le Docteur Watson fait un saut à l’improviste chez son ami Sherlock Holmes, il trouve celui-ci en plein milieu d’un entretien avec un personnage à la chevelure flamboyante. Celui-ci leur fait part l’une des énigmes les plus singulières que Sherlock Holmes ait connu, de l’aveu même de celui-ci.

Nommé Jabez Wilson, l’homme vient d’être sélectionné par la mystérieuse Ligue des Rouquins pour occuper un poste des plus honorifiques, dont la seule charge consiste à recopier l’Encyclopedia Britannica, et ce pour la coquette de somme de quatre souverains d’or par semaine !

Il y a quelque fumeuse embrouille dont Jabez Wilson est visiblement le larron. Mais qui investirait une telle somme à jouer un tour ? Et dans quel but ? Voilà une énigme insolite que Sherlock Holmes et le Docteur Watson vont se faire fort de résoudre…

Mon avis.

La Ligue des Rouquins ou The Red-Headed League  est l’une des nouvelles des Aventures de Sherlock Holmes que je relis toujours avec délectation.  Résolument écrite sur un ton humoristique, elle dévoile un nouvel aspect de notre détective consultant : pour la première fois, on voit Holmes, sans jamais perdre le fil de son enquête, s’amuser vraiment, savourer la complexité du cas tout autant que la crédulité de son client. Mais il n’est pas le seul à prendre plaisir à la partie, car derrière la plume, on sent Doyle prendre un malin plaisir à mettre en scène cette aventure loufoque et néanmoins haletante. Chez le romancier comme chez son personnage, il y a entre les lignes une certaine malice qui n’est pas sans apporter du piquant à l’aventure.

Ce bon Docteur Watson n’est pas en reste. S’il s’abstient, en homme intègre, de tout jugement direct, le portrait qu’il nous dresse de ce nouveau client ne le fait guère paraître à son avantage :

« Our visitor bore every mark of being  an average commonplace British tradesman, obese, pompous and slow. »

Et hop, en une ligne, voilà l’homme rhabillé pour l’hiver et on pressent en lui le parfait dindon de la farce. D’ailleurs, nos respectables gentlemen, en dépit de leurs efforts, ne parviennent guère à garder leur sérieux face au ridicule de l’homme comme au cocasse de l’affaire.

« Sherlock Holmes and I surveyed this curt announcement  and the rueful face behind it, until the comical side of the affair so completely overtopped  every other consideration that we both burst out into a roar of laughter. »

Oui mes chers amis, vous avez bien lu. Sherlock Holmes et le Docteur Watson viennent d’éclater de rire au nez et à la barbe de leur ridicule client. Quand je vous disais que cette affaire était des plus singulières.

Mais elle n’en est pas moins des plus retors. Car s’il paraît évident que quelqu’un a joué un bien vilain tour à Mr. Wilson, il n’en demeure pas moins qu’il s’est donné beaucoup de mal pour le faire et y a investi une coquette somme. Alors dans quel but ? Ainsi que le dit Holmes :

« It’s quite a three-pipe problem, and i beg that you won’t speak for me for fifty minutes. »

Un problème à trois pipes pour lequel, en dépit de son hilarité, le maître de la science de la déduction ne va guère perdre de son efficacité ou de sa concentration, laissant tout le monde esbaudi au dénouement. Ce bon Watson a beau suivre toute l’affaire, il n’en sent pas moins que quelque chose lui échappe. On le sent balancer entre une admiration fascinée et un certain agacement :

« Then it was that the lust of the chase would suddenly come upon him, and that his brilliant reasoning power would rise to a level of intuition, until those who were unacquainted with his methods would look askance at him as on a man whose knowledge was not that of others mortals. » […] « I trust that i’m not more dense than my neighbours, but i was always oppressed with a sense of my own stupidity in my dealings with Sherlock Holmes. »

So do i, Doctor Watson. So do i…  

Entre suspens et amusement, l’aventure se révèle des plus plaisantes à lire, galopant sans temps mort, sous la plume vive et fluide de Conan Doyle. Pour autant, elle n’est pas sans ménager des temps de réflexion où, à l’instar de Watson, nous tentons de voir ce que voit Sherlock Holmes, de nous essayer à ses méthodes pour suivre le fil de sa réflexion.

Si l’épilogue de cette aventure fait tressaillir mon petit coeur avec une citation de Gustave Flaubert en français dans le texte (n’oublions pas que Sherlock Holmes est sensé avoir une ascendance française, à l’instar d’Arthur Conan Doyle lui-même), elle révèle également le plus grand ennemi de notre consulting detective : l’ennui.

 » – You reasoned it out beautifully, i exclaimed in unfeigned admiration. It is so long a chain, and yet every link rings true.

– It saved me from ennui, he answered, yawning. Alas !  I already feel it closing in upon me. My life is spent in one long effort to escape from the commonplaces of existence. These little problems help me to do so. »

Et en série, ça donne quoi ?

A ma connaissance, il n’y a pas (encore ?) d’épisode directement tiré de cette nouvelle dans la version de la BBC. Cependant, à travers les saisons, on y trouve quelques allusions comme dans A Study in Pink (Saison 1, ep.1), Sherlock évoque un problème à trois patchs, ce qui fait évidemment échos au problème à trois pipes.

Néanmoins la nouvelle a connu de multiples adaptations. Notamment en 1985 avec l’inoubliable Jeremy Brett, mais aussi en mars 1965, dans la série de la BBC, Sherlock Holmes, produite entre 1965 et 1968, avec Douglas Wilmer puis Peter Cushing dans le rôle titre et Nigel Stock. Elle fait également l’objet de multiples références télévisuelles comme dans la série animée American Dad.

En découvrir plus ?

N’hésitez pas à aller consulter les chroniques des deux camarades avec qui je partage cette folle aventure holmésienne :  Light and Smell et Satorukudo. Je ne peux que vous recommander de comparer nos avis qui sont souvent contrastés et complémentaires pour avoir une bonne vue d’ensemble.

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